pencha sur l’affaire. La solution trouvée favorisait Ferri: Pierre de Morai, alors évêque d’Orléans, fut transféré sur le siège d’Auxerre par une bulle datée du 4 février 1296 et le siège devenu vacant fut offert au fils du duc de Lorraine. Dans un acte du 4 janvier 1296, Ferri est dit en effet évêque élu d’Auxerre9; une bulle du 2 mars de la même année le dit déjà évêque d’Orléans. Moins d’un an plus tard, il se portait candidat au siège de Metz. Tous les chanoines du chapitre cathédral de Metz étaient électeurs; le procès-verbal, dans la partie qui a été conservée, n’en nomme pourtant que quatorze: Henri Motas, Pierre d’Alamanco, Aubert de Lessy, Gérard de Luxembourg, Nemmery, Jean d’Eix, Gui de Hainaut, Renaud du Mans, Guillaume d’Apremont, Nicolas de Briey, André, Philippe de Luxembourg, maître Pierre de la Vigne, Jean d’Apremont. Nous connaissons encore le vote de deux autres dont le nom nous échappe, parce qu’ils sont cités à l’endroit de la coupure. Comme à Verdun sans doute, ce sont les archidiacres et le princier qui devaient s’exprimer en premier, suivis par les prêtres, les diacres et les sous-diacres. Ici le texte conservé mentionné un sous-diacre, puis de simples chanoines. La partie manquante pouvait donc être longue et comporter la majeure partie du chapitre. Les noms du princier et du doyen ne sont pas sûrs; en 1301 le princier Jacques de Sabello démissionna, il avait peut-être pris part au vote. Le doyen s’appelait Jean, le chancelier Jacques et le trésorier Philippe, si l’on en croit les mentions finales, qui donnent aussi l’initiale F. du grand archidiacre. Ce dernier était alors effectivement le prévôt de Strasbourg, Ferri de Lichtenberg10; Louis de Jeandelaincourt était archidiacre de Vie depuis au moins 128111 et Maître Aubri de Mirabel archidiacre de Marsal12; un certain Jean était archidiacre de Sarrebourg depuis 1277, mais il était peut être remplacé en 1297. On ne connaît pas le nombre ni les noms des autres électeurs avant d’en venir à la liste conservée. Huit électeurs se sont déclarés pour Thiébaut de Bar. Les noms des deux premiers nous manquent. Le troisième est Henri dit Motas, sous-diacre du pape; il use dans sa déclaration de vote d’une formule différente des autres, car il mentionne le nom du père défunt du candidat, au lieu de son frère vivant et il justifie son vote: Thiébaut lui paraît capable de bien gouverner l’évêché, car il est «adroit et prudent dans les domaines spirituel et temporel», et a reçu une formation intellectuelle. Pierre de «Alamanco» ne nous est pas connu autrement. Jean d’Eix ou d’Esch est originaire du diocèse de Verdun, où domine l’influence barroise. Guillaume d’Apremont est prévôt du chapitre de la Madeleine de Verdun, et il faut l’associer à son frère nommé un peu plus loin, Jean, prévôt de Montfaucon (évêché de Verdun). Si ces deux hommes sont bien connus par ailleurs, il n’est pas aisé de déterminer avec précision leur situation de famille. Ils se rattachent sûrement à la maison d’Apremont et à la branche de Werd-Réchicourt. Deux voix encore se rallient à Thiébaut de Bar, celles de Nicolas de Briey et d’André M. Pour Ferri de Lorraine se sont déterminés Gérard de Luxembourg, Renaud du Mans, Philippe de Luxembourg. Le deuxième, originaire d’une cité lointaine de 9 Archives départementales de la Meuse, cartulaire de Lorraine ou de Ferri III, B 256 fol. 77r°. 10 A.D. Meuse B 256, fol. 238; MARICHAL, Cartulaire de l’évêché de Metz, p. 262, 265. 11 Meuse B 256 fol. 144 v°. 12 Ibidem. 80