vraient pareillement entrer en ligne de compte19. On ignore encore, à l’une ou l’autre exception près, si le receveur inscrit le nom des entrepreneurs - transpor¬ teurs ou marchands -, de facteurs ou de serviteurs20. Des taxations chronologique¬ ment rapprochées au nom d’une même personne invitent, ici et là, à retenir la pre¬ mière hypothèse. Encore que Sierck puisse être voisine du terme du voyage. Quand un toponyme suit le prénom de l’imposé, s’agit-il d’un patronyme ou de l’origine géographique, autrement dit le domicile actuel, de celui qui acquitte le droit? Compte tenu du grand nombre d’individus dits, par exemple, de Metz ou de Trêves, on a retenu la seconde alternative21. Le fait qu’un toponyme accompagne assez souvent la désignation d’un imposé par son nom et son prénom conforte, semble-t-il, cette interprétation. Il n’en reste pas moins que certains cas invitent à la prudence et, puisque l’édition des comptes sous forme de tableaux impose de trancher, l’inscription d’une localité dans la colonne "origine géographique" s’assor¬ tit parfois d’une marge d’incertitude. Au stade de l’analyse et du report des données sur carte, cet élément doit demeurer présent à l’esprit. 5. Moyens de transport À 458 reprises seulement sur plus de 3 500 passages22, les commis à la perception notent que le droit est acquitté pour des produits acheminés dans une embarcation. La gamme des articles est fort large mais ce sont les cabus et, loin derrière eux, le foin et les pierres qui interviennent le plus fréquemment. L’explication réside dans le fait que le bateau constitue l’unité d’imposition pour ces marchandises23. D’au¬ tres chargements consistent en céréales, vin, légumineuses, harengs, laine, cuir, peaux, écorces, chaux, ardoises, meules à aiguiser, poteries... Les comptes consi¬ gnent par ailleurs 220 taxations d’un ou plusieurs chars ou charrettes. Semblables mentions sont rares au XVe siècle: 23 pour les 10 exercices connus24; elles se révèlent un peu plus nombreuses au XVIe siècle - 197 au total25 -, spécialement en 1524 (45 taxations, soit 21,8 %) et 1525 (50 taxations, soit 20,8 %), et concer¬ nent principalement des chaudrons et pots de fer, des écorces, du vin, de la merce¬ rie et du fer. L’interprétation de ces données requiert une extrême prudence car le 19 Location d’embarcations sur la Seine (MOLLAT, Commerce, p. 300; BAUTIER et MOLLAT, Trafic, p. 269; FOURQU1N, Batellerie, p. 716-720; SadOURNY, Transports, p. 238-239) et sur le Pô (Racine, Aperçu, p. 265-266). 20 Tant pour le transport fluvial que terrestre, bien des auteurs se sont heurtés à ces problèmes. Cf. JAPPE ALBERTS, Rheinzoll Lobith, p. 57-60; BAUTIER et MOLLAT, Trafic, p. 269; COORNAERT, Commerce, p. 274; ID,, Français, t. II, notamment p. 35-38 et 85-89; DOEHAERD, Comptes, p. 30- 33; Id,, Études anversoises, t. I, p. 54-55; HERRMANN, Saarburger Zollregister, p. 107. 21 Laufner a tranché dans le même sens pour les individus fréquentant le marché de Trêves en 1435-36 (Handelsbereich, p. 195). 22 Cf. supra, p. 15, note 38. 23 Cf. supra, p. 29, tableau I. 24 2 taxations sur 299 entre 1424 et 1428, et 21 sur 1 080 entre 1474 et 1494. 25 pour 2177 taxations 45