François Heber-Suffrin LES ARTS DANS LE SUD DE LA LOTHARINGIE (Résumé distribué avant le colloque) Pour bien faire apparaître les caractères de l'art lotharingien dans ses manifestations les plus importantes et déterminer quelle est la part d'originalité des oeuvres produites dans ce contexte autour de Lan mil, il faut en suivre la production sur une assez longue durée. Il convient notamment d'observer les mutations résultant de la partition de l'Empire carolin¬ gien et tout particulièrement les conséquences de la rupture politique provoquée par la naissance de l'Empire ottonien auquel est rattachée, dès 925, la Lotharingie. C'est pourquoi notre propos portera sur l'ensemble de la période considérée, du milieu du IXe siècle, avec les luxueuses enluminures réalisées à Metz, sous l'épiscopat de Drogon, jusqu'au milieu du XIe siècle, avec l'achèvement de monuments importants, bien datés pour certains par les consécrations de Léon IX en 1049-1050. Trois aspects seront évoqués successivement, la peinture manuscrite et les ivoires, ces deux productions étant souvent liées, puis l'architec¬ ture. Cette approche un peu simple se justifie en partie par la chronologie des oeuvres et surtout par le fait qu'à cette époque, il n'existe aucun centre majeur qui aurait pu faire l'objet d'une étude d'ensemble. Cependant, il faut auparavant définir la zone d'investigation, car la Lotharingie, même amputée de ses possessions méridionales se présente comme un territoire peu homogène dont les limites frontalières ont fluctué durant cette période. Nous nous sommes donc limité pour l'essentiel aux trois évêchés lorrains, avec quelques incursions en basse Lotharingie (Luxembourg et sud de la Belgique) à cause des relations étroites que certains monastères entretenaient avec la Lorraine et tout particulièrement avec Metz. L'enluminure Au milieu du IXe siècle, Metz est seule à produire des oeuvres caractéristiques de la renais¬ sance carolingienne. Les rares réalisations contemporaines, notamment celles d'Echternach, conservent l'esthétique franco-insulaire, bien représentée durant cette période dans les scriptoria du nord de la Francie occidentale. Bien qu'on parle d'Ecole de Metz, la réalisation de manuscrits enluminés semble avoir été très limitée et nous n'en conservons que trois oeuvres de commande de l'évêque Drogon: le sacramentaire de Drogon et deux livres d'Evangiles, conservés à la Bibliothèque Nationale de Paris après avoir appartenu au trésor de la cathédrale de Metz. Nous ne conservons aucun témoin de cette école qui soit postérieur à la mort de Drogon en 855. et les rares témoins du XIe siècle, de moindre qualité, sont sans rapport avec les réalisations caro¬ lingiennes. 245