large de Toul8. En décembre 1479, les autorités lorraines invitent le receveur du péage de Nancy à percevoir les droits sur les planches qui, depuis environ trois ans, transitent par Gondreville, en aval de Toul9. Après un temps de repli, le flottage y connaîtrait-il un nouvel essor? Au début du XIVe siècle, cette activité semble bien implantée sur la Meurthe et ses affluents. Un accord est passé en 1302, pour quatre ans, entre le duc Ferry III de Lorraine, le comte de Salm et l’abbé de Senones concernant le transport du mairien (bois de construction) descendant du val de Senones et de celui de Celles-sur-Plaine, A la fin du siècle, les Raonnais saisissent le duc Jean Ier d’une plainte contre les receveurs de Deneuvre et Ménil, en aval de leur ville, appliquant des taux plus élevés que par le passé10. Au plus tard au début du XVIe siècle, le flottage se pratique également sur la Sarre11. Enfin, sur le versant alsacien, un capitaliste strasbourgeois et le sire de Landsberg s’associent en 1476 pour exploiter ce droit sur la Bruche12 Des travaux récents ont mis en exergue, pour l’époque moderne et jusqu’à l’extrême fin du XIXe siècle, la part importante prise par les habitants de Raon-f Étape, au point de rencontre du massif vosgien et de la Meurthe lorraine, dans la préparation des trains de bois et leur acheminement par la voie fluviale13. Pour une époque antérieure, la mise en œuvre des comptes du péage lorrain de Nancy, dont la série débute en 1476 et se poursuit sans véritable césure jusqu’aux 8 J. Schneider, Les routes dans la Lorraine médiévale, in: Bulletin de la Société lorraine des études locales pour l’enseignement public, nouv. série, n° 7, oct.-déc. 1958, p. 2. L’utilisation du sapin comme motif décoratif sur des poteries sigillées de l’officine de Haute-Yutz, près de Thionville (vers 180/200 après J.-C.), pourrait être un indice du flottage contemporain de résineux sur la Moselle. Cf. G. Stiller et G. Ancel, Thionville et sa rivière: la Moselle (Région de Thionville. Etudes historiques, fasc. 21), Metz 1964, p. 13 et 19. 9 O. Schweyer, Un péage lorrain: Nancy (1479-1480), mémoire de maîtrise, Centre universitaire de Vincennes 1971, p. 9. Pour le début de l’époque moderne, voir G. Cabourdin, Terre et hommes en Lorraine (1550-1635). Toulois et comté de Vaudémont, t. 1 (Annales de l’Est. Mémoires n° 55), Nancy 1977, p. 71. 10 Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, à Nancy (ci-après A.D.M.M.), B 488 (layette 11 ) et 644 (layette 30); M. Schneider, Raon-l’Étape des origines au XVIIIe siècle. Histoire de trois communautés du duché de Lorraine (Raon-l’Étape, Laneuveville, Vézeval), Raon-l’Étape 1990, p, 78. 11 A. Tille, Zur Geschichte der Saarflösserei und Saarschiffahrt, Sarrebruck 1907; H. HieGel, La châtellenie et la ville de Sarreguemines de 1335 à 1630 (Annales de l’Est. Mémoires n° 3), Paris 1934, p. 459; H. et Ch. HIEGEL, Le bailliage d’Allemagne de 1600 à 1632. II: Agriculture. Industrie. Commerce, Sarreguemines 1968, p. 192-195 et 249-250 (exportations de bois); H.-W. Herrmann, Die Saarburger Zollregister von 1581, 1589 und 1614. Ein Beitrag zur Wirtschafts- und Verkehrsge¬ schichte der Saargegend, in: Kurtrierisches Jahrbuch 22 (1982), p. 81 et 106; M. Matheus, Trier am Ende des Mittelalters. Studien zur Sozial-, Wirtschafts- und Verfassungsgeschichte der Stadt Trier vom 14. bis 16. Jahrhundert (Trierer Historische Forschungen, t. 5), Trêves 1984, p. 48. 12 F. Rapp, Routes et voies de communication à travers les Vosges du XIIe au début du XVIe siècle, in: Les pays de l’Entre-Deux au Moyen Age: Questions d’histoire des territoires d’Empire entre Meuse, Rhône et Rhin. Actes du 113e Congrès national des Sociétés savantes (Strasbourg, 1988). Section d’histoire médiévale et de philologie, Paris 1990, p. 204. 13 M. Schneider (voir note 10), spécialement p. 76-80; O. Guatelli, Raon-l’Étape, Le flottage du bois et les «oualous» (1830-1899), Raon-l’Étape 1991. A propos de la navigation sur la basse Meurthe: J.-L. Fray, Nancy-le-Duc. Essor d’une résidence princière dans les deux derniers siècles du Moyen Age, Nancy 1986, p. 77-78. 186