Jean-Marie Yante BOIS VOSGIENS AU PÉAGE DE NANCY ( 1476-1500)1 A la fin du moyen âge, les multiples usages du bois, notamment dans la construction et des secteurs industriels en essor (extraction minière et affinage des métaux)2, stimulent et rentabilisent l’exploitation commerciale des forêts vosgien- nes. A l’instar du Rhin3, de la Meuse4, du Rhône et de l’Isère savoyards5, ou encore de l’Yonne6, les rivières prenant leur source dans le massif constituent autant de voies naturelles pour le transport de ce matériau7. Du côté lorrain, le rôle de la haute Moselle demeure mal connu. Vers 1120/30, des trains de bois passent déjà au 1 Nous adressons nos plus vifs remerciements à Monsieur Hubert Collin, conservateur général du Patrimoine, directeur des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, à Nancy, pour l’aide précieuse apportée lors de la préparation de cette étude. 2 Deux cas d’approvisionnement en bois d’une grande métropole: J.-P. Sosson, Les travaux publics de la ville de Bruges. XIVe-XVe siècles. Les matériaux. Les hommes (Collection Histoire Pro Civitate, série in-8°, n° 48), Bruxelles 1977, p. 102-112; Ph. BRAUNSTEIN, De la montagne à Venise: les réseaux du bois au XVe siècle, in: Mélanges de l’École française de Rome 100/2 (1988), p. 761-799. 3 W. Jappe Alberts, Der Rheinzoll Lobith im spâten Mittelalter (Rheinisches Archiv, t. 112), Bonn 1981, p. 44. 4 M.-L. Fanchamps, Transport et commerce du bois sur la Meuse au Moyen Age, in: Le Moyen Age 72 (1966), p. 59-81 ; ID., Le commerce sur la Meuse moyenne dans la seconde moitié du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe d’après des comptes de tonlieux, in: Histoire économique de la Belgique. Traitement des sources et état des questions. Actes du Colloque de Bruxelles. 17-19 nov. 1971 (Iæ-IVe sections), Bruxelles 1972, p. 292-293 et tableaux statistiques en annexe; M. Suttor, La navigation sur la Meuse moyenne des origines à 1650 (Centre belge d’histoire rurale. Publication n° 86), Liège-Louvain 1986, p. 117-119. 5 P. Duparc, Un péage savoyard sur la route du Mont-Cenis aux XIIIe et XIVe siècles, Montmélian, in: Bulletin philologique et historique (jusqu’à 1610) du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1960, t. 1, p. 154 et 156. 6 M. Deveze, La vie de la forêt française au XVIe siècle, t. 2 (École pratique des Hautes Études. Vie section. Centre de recherches historiques. Les hommes et la terre, t. 6), Paris 1961, p. 34-39. 7 Le flottage est attesté de bonne heure en Gaule. A l’époque gallo-romaine, un constructeur de radeaux de flottage est mentionné à Lyon; des corporations de rcitiaires, en fait de flotteurs, sont connues à Saint-Jean-de-la-Porte (Savoie) et à Genève (A. Grenier, Manuel d’archéologie gallo-romaine, t. 2, Paris 1934, p. 543-544). 185