trois ont été achetés. Les primés ont été les suivants: ’Volkswohl’, Le bien-être du peuple, des architectes Backes et Zache de Strasbourg, 2.000 Marks (111. 1); ’Grüss- Gott’, Bonjour, des architectes Heinrich Brabant et Robert Dirr de Metz, 2.000 M; et ’Drei’, Trois, des architectes K. Bonatz, Georg Martin et Karl Wolf de Strasbourg, 1.600 M; ’Im Sonnenschein’, Au Soleil, des architectes G. Schalk, J. Keller et L. Trimper de Mulhouse, 1.600 M (111. 2). Les trois projets achetés par la Coopérative ont été les suivants: ’Rot-Weiss’, Rouge-Blanc, de l’architecte Steffen de Rouffach (111. 3); ’Howard’ de l’architecte Edouard Schimpf de Strasbourg; et ’Legende’, Légende, des architectes Karl Bonatz, Georg Martin et Karl Wolf de Strasbourg (cette équipe a présenté deux projets). Je ne peux ici entrer en détail ni dans l’analyse des motivations du jury, ni dans l’analyse intrinsèque de chaque projet primé et acheté. Nous pouvons cependant remarquer premièrement que le jury n’a pas décerné un premier prix, ce qui montre une insatisfaction incontestable de ses membres par rapport aux projets présentés par les concurrents. D’après les observations du jury présentées par ’Der Städtebau’, il ne s’agissait pas, dans le cas des sept projets retenus, d’un non respect du programme; il s’agissait plutôt de la constatation du jury qu’aucun projet en tant que tel n’expri¬ mait l’idée que celui-ci se faisait de la Gartenvorstadt à construire à Stockfeld. Deuxièmement, les projets rachetés apparaissent a posteriori comme les ’victimes’ des débats internes et des prises de position du jury. Et pourtant deux d’entre eux, je les considère comme les meilleurs projets du concours: il s’agit des projets ’Howard’ et ’Legende’. Le projet ’Howard’ d’Edouard Schimpf, jeune architecte de la Ville de Strasbourg depuis 1907, et leader local du courant Bund für Heimatschutz, sera non seulement acheté, mais en grande partie réalisé dans la future cité-jardin. Le jury a été frappé par la singularité de ce projet, mais son principal reproche a été qu’il ne prévoyait que des maisons mono-familiales; reproche sans fondement. Le projet ’Legende’ de Karl Bonatz, architecte de l’extension de l’Hospice Civil de Strasbourg, et de son équipe, est le projet le plus pur du point de vue des principes de Raymond Unwin, avec l’introduction intéressante, dans un plan régulier géométrique, des closes inventés par l’architecte favori de E. Howard et introduits déjà dans la cité-jardin de Letchworth en 1904, et généralisés dans le faubourg-jardin de Hampstead en 1905.20 Troisièmement, un débat de fond partage en deux camps le jury sur la cité-jardin future, et les oppositions se cristallisent autour de la forme urbaine adoptée, ce qui nous renvoie au débat sur le dessin du faubourg-jardin: doit-il être régulier ou irré¬ gulier? Nous savons qu’à l’époque ce débat est important sur le plan architectural et urbanistique, puisqu’il s’agit des références, des styles et des concepts de la ville mo- 20 "Le close: c’est un groupement de maisons autour d’une impasse. Cette impasse débouche généralement sur une rue, et on peut considérer comme faisant partie du close les maisons qui, situées sur la rue, annoncent ou ferment ce close. Une fois ce système défini, il existe une infinité de closes possibles, et Hampstead est un essai de typologie concrète du système, ou du moins de sa mise en forme." (Jean Castex, Jean-Charles Depaule et Philippe Panerai, Formes urbaines: de l’îlot à la barre, Dunod, Paris, 1977. p. 58). Dans son livre célèbre (N. 11), publié en 1909, Unwin présente toute une typologie du close. 210