l’échelle du Reich, c’était une toute petite ville et la comparaison avec Sarrebruck ou les villes de la Ruhr ou de Saxe, était à cet égard, éloquente. Commme à Metz, la déclaration de guerre de juillet 1914 arrêta net tout un élan. Les chantiers furent interrompus et les projets industriels remis à des jours meilleurs. Immédiatement, le militaire prit le pas sur toutes les autres préoccupations et le général commandant la place forte concentra entre ses mains tous les pouvoirs. Conclusion Cette brève période - 1900-1914 - a été décisive pour l’avenir de Thionville. Les urbanistes allemands ont dessiné le squelette d’une ville nouvelle, tracé les grands axes, dégagé les directions de l’urbanisation future et implanté les services publics. Il a fallu plus d’un demi-siècle pour que le cadre soit rempli et que l’urbanisation s’engage dans d’autres conceptions. Thionville, grande ville, "métropole du fer", ce que certains avaient entrevu ou rêvé avant 1914, les nazis ont, entre 1941 et 1944, songé à le réaliser. Le grand Thionville (GroB-Diedenhofen) qui réunit à la ville neuf communes voisines, serait l’embryon d’une ville de 100 000 habitants et plus qui pourrait alors entrer dans le cercle des grandes villes allemandes. Un arrêté du Gauleiter Bürckel prévoyait la planification de l’espace de Thionville et des architec¬ tes et des urbanistes esquissèrent des projets qui restèrent lettre-morte. C’est pour¬ quoi le plan d’urbanisme de 1902 reste à nos yeux essentiel, car il a donné au Thion¬ ville du XXème siècle sa structure, l’aménagement de son espace, son réseau de circulation et une partie de son patrimoine architectural. Ce fut une décision fondatri¬ ce et les Thionvillois doivent être reconnaissants aux élus, aux employés municipaux, aux urbanistes et aux architectes qui l’ont conçue puis mise en oeuvre. 128