pièces52. On relèvera encore la remise en activité de l’atelier monétaire sous les règnes des ducs Jean Ier (1346-1390) et Charles II (1390-1431)53, ainsi que l’exis¬ tence, en 1477-1478, d’un chantier naval où le receveur domanial de Luxembourg acquiert un nouveau ponton pour Remich54. Grâce notamment aux comptes domaniaux, les indices de l’activité économique du bourg lorrain sont plus nombreux pour la première moitié du XVIe siècle. La viticulture garde toute son importance. En 1535, plus de 240 journaux de vignes et jardins situés aux bans de Sierck, Rustroff, Basse-Contz et Apach acquittent au duc de Lorraine la redevance d’un muid par journal tarifiée dans la charte d’affran¬ chissement de 1295. S’y ajoutent les biens nobles, ecclésiastiques ou francs échap¬ pant au prélèvement ainsi que la vigne de monseigneur le duc, mesurant quelque 7 journaux, et une autre de 15 journaux oulîre Muselle. Pour ces dernières, les dynas¬ tes ont renoncé au faire-valoir direct55. Sans que l’on soit en mesure d’en préciser la date de création, trois métiers organi¬ sés sont attestés dans la première moitié du XVIe siècle: cordonniers-tanneurs56, merciers57 et drapiers58. Peut-être faudrait-il y ajouter les chaudronniers59 et les bouchers60. En 1540, les drapiers prennent à bail la foulerie domaniale61. On ignore la gamme, le volume et les débouchés de leur production. Enfin, des chan¬ tiers de construction navale répondent aux besoins de la batellerie locale et se voient 52 ADMM, B 9355, f° [103. 53 DE Saulcy, Recherches, p. 71-72 et 78-81; TEISSIER, Histoire, p. 444-447. 54 AGR, CC, reg. 6304 (1477-78), f° 71r. 55 ADMM, B 9363, f° 143r v. - Alors qu’en Lorraine centrale le faire-valoir direct semble avoir été abandonné pour les vignobles princiers dans la première moitié du XVe siècle (MAGUIN, Vigne, p. 146-147), des dépenses pour le clos ducal sont encore consignées au compte domanial de Sierck en 1477 (ADMM, B 9354, f° 18r et sq.). 56 Le duc Antoine leur aurait accordé un règlement le 1.IL 1516 (ADM, 6 J 61, Histoire de Sierck, ms.). - Existence également d’un règlement d’ordre d’octobre 1554: H. et Ch. HlEGEL, Bailliage, t. II, p. 148. 57 Mention dans les comptes domaniaux, à partir de 1535, d’un droit dû pour admission dans la confrairie des merciers (ADMM, B 9363, f° 162v). - Le fait que la charte des merciers de Wallerfangen/Vaudrevange (1412) renvoie à des dispositions en vigueur à Sierck (HERRMANN, Stadte, p. 244, note 101“) atteste l’ancienneté du métier. 58 II est stipulé au compte domanial de 1535 que, quant ung tixerant de drap veult louer ung ouvrir, il doit payer 3 fl. au duc et autant aux compaignons (ADMM, B 9363, f° 38*). - Concession au métier de nouveaux statuts par le duc Charles III le 15.11.1560 (ADMM, B 931, f° 12; H. et Ch. HlEGEL, Bailliage, t. II, p. 147). 59 Les comptes des exercices 1535 et suivants enregistrent la livraison annuelle par les chaudronniers sierckois de deux chaudrons de leurs franchieses (ADMM, B 9363, f° 165v). 60 Un mémoire trévirois datant vraisemblablement du début du XVF siècle précise que, depuis de nombreuses années, le métier des bouchers de la cité archiépiscopale intervient comme instance d’appel pour les métiers de Luxembourg, Arlon, Thionville et Sierck (MATHEUS, Trier, p. 46-47). - Mention de statuts des bouchers sierckois de 1596: ADM, 6 J 61, Histoire de Sierck (ms.), p. 271. hl Bail de six ans (ADMM, B 9372, f° 3lv), suivi d’un autre de neuf ans (B 9380, f° 34v). 25