financière du moment n’a pas permis de réaliser dans l’instant. Et on tend à faire de Metz à ce moment là le réduit central du dispositif du Nord Est. Cette mission dé¬ passe donc le simple rôle de place d’arrêt, mais c’est le rôle de place centrale d’un groupe de places qui sont en quelque sorte ses satellites, qui s’appellent Longwy, Thionville, Sarrelouis, et qui annoncent en quelque sorte le rôle de la place de Metz en tant que centre de la « Région Fortifiée de Metz » de la ligne Maginot. Ces grands travaux tendent à rendre à Metz sa capacité de logement, qui était dangereusement réduite depuis la conquête française en 1552, puisque la construction de la citadelle et du retranchement de Guise avaient, alors, diminué la surface habitable de la ville de près de 25 %. Donc, la construction du fort Moselle, à partir de 1728, et divers aménagements tendront à lui rendre, dans une certaine mesure, cette habitabilité qu’elle avait perdue du fait de la présence des militaires. — Deuxième point : Je vou¬ drais projeter ces très intéressantes données apportées par M. Le Moigne sur la vie actuelle et l’exemple de la garnison de Toul. Depuis quatre ou cinq ans, les régiments français ont un budget de fonctionnement, on leur alloue des fonds correspondant à peu près à leurs besoins. Mais le chef de corps dispose d’une certaine autonomie quant au mode de dépense de ces fonds. On s’approvisionne sur le marché local, et l’Etat prélève automatiquement par le fait de la taxe à valeur ajoutée 17,6 % des sommes versées par l’Armée, tant au titre des fournitures de l’alimentation que de tous les travaux exécutés par le service du Génie ; car ces travaux ne sont pas exoné¬ rés d’impôts, aussi bizarre que celui puisse sembler; de même, d’ailleurs que l’essence brûlée par les véhicules militaires est également assujettie aux taxes. D’ailleurs, la vente des fumiers des chevaux — à une époque où l’Armée était encore à cheval — de même que la vente des reliefs des repas qu’on appelle « l’adjudication des issues et eaux grasses », a duré jusqu’à aujourd’hui. Pour les chevaux, ce système s’est arrêté, bien sûr, avec la disparition des unités montées, mais la vente des « issues et des eaux grasses » s’adjuge toujours tous les ans, et on a des entrepreneurs qui viennent cher¬ cher, après chaque repas, les restes des repas de la troupe pour engraisser des cochons. Et tout ceci est réglé selon une tradition qui se perd, en quelque sorte, dans la nuit des temps. Rudolf Kretschmer, Saarbrücken: Est-ce que les chiffres mentionnés ne sont pas un peu trop élevés, parce que — au moins en temps de paix — les formations n’avaient pas l’effectif prévu. Jean-Pierre Koltz, Luxemburg:Je voudrais souligner que la prospérité des régions des Trois-Evêchés à cette époque est due, à mon avis, en grande partie à ce que la France, depuis Colbert et Louis XIV, a formé un premier grand marché national européen, le premier en Europe qui a fortement influencé la région et les régions fron¬ talières également, comme le Luxembourg. Yves Le Moigne, Metz: Deux questions méritent d’être retenues. La première concerne le caractère excessif des chiffres que j’ai avancés. Ils peuvent surprendre. Il s’agit du volume des soldes et des effectifs des garnisons. Dans ce domaine, la docu¬ mentation est à la fois surabondante et imprécise. Aux Archives de la Guerre, les rele¬ vés d’effectifs sont très nombreux, comme les études faites sur la capacité théorique 222