du roi. Ils furent tous partisans des systèmes de fortifications d’Europe du Nord. Entre autres, mentionnons François Corossini19 d’Avignon qui, pour Andrzej Potocki, pro¬ jeta et fortifia la ville de Stanislawôw après 1662, en modernisant et réduisant le schéma idéal de Zamosc, en troublant son harmonie urbanistique. La modernisation des bastions de Zamosc (1685—1694) par Jan Michaf Link ré¬ vèle les nouvelles idées de fortification à la fin du XVIIe siècle. On vit apparaître un type de grand bastion à flanc à étage en retraite, qui eut tant soit peu plus tard des analogies dans les fortifications suédoises et russes de villes baltiques20. Les anciens bastions furent renforcés par des cavaliers, des capponières et une fausse-braie en maçonnerie. Par contre, les influences de l’ancienne école de fortification française sont visibles dans la ceinture primitive de Brzezany, édifiée sur l’initiative de Adam Hieronim Sieniawski après 170021. Brzezany est l’exemple le plus tardif du groupe mentionné de villes fortifiées. Le XVIIIe siècle vit la paix et, en même temps, un marasme dans l’activité d’urbanisme et de fortification des magnats sur les terres du Sud-Est. L’intérêt des magnats avait pris une autre direction : la création de grandes compositions baroques autour de leurs résidences d’apparat. Il existait certes, sur les territoires en question, également des villes fortifiées roya¬ les, une seule d’entre elles peut être opposée à l’activité urbaniste des magnats, Ka- mieniec Podolski. Elle mérite d’être mentionnée avant tout comme grande forteresse et ville de garnison qui devait ses exceptionnelles valeurs militaires à sa situation sur un haut plateau rocheux, entouré presque entièrement par la rivière22. Mais son plan urbaniste qui, bien conçu aux temps modernes, ne dénote pas dans son aspiration limitée par la topographie à la régularité, l’influence des planifications idéales. D’ail¬ leurs, c’était la seule ville de ce type en Pologne. En terminant cette présentation des villes-forteresses polonaises, il est difficile de s’abstenir de revenir une fois encore à Zamosc et de ne pas donner un aperçu du déve¬ loppement de ses fortifications à l’époque napoléonienne. Avec Modlin nouvellement fondé, elle devait constituer un appui pour la campagne de Russie de Napoléon. Les intenses travaux de fortification furent commencés en 1809 d’après le projet du colo¬ nel du génie français Jean-Baptiste Mallet, plus tard, général polonais, qui appliqua les dernières conquêtes de la science des fortifications du courant représenté par Chas- seloup et Bousmard. A la seconde étape de ces travaux entrepris après les guerres napoléoniennes, Mallet s’inspira surtout de la doctrine de Montelambert. On édifia alors une grande batterie circulaire, s’avançant au sud, dans l’avant-champ irrigué de la forteresse et l’on ferma les bastions par de puissants cavaliers en maçonnerie23. Le style architectural de ces constructions imposé par Mallet et les officiers du génie est né également en France, à l’Ecole Polytechnique de Paris et se rattache à l’œuvre et à la doctrine de son professeur Jean-Nicolas Durand, qui a si fortement influencé l’ar¬ chitecture européenne du XIXe siècle24. 19Z. Hornung, op. cit., P. 254—256. 20 S. Herbst et J. Zachwatowicz, op. cit., P. 46—49. 21 W. Kalinowski, op.cit., p. 179. 22 A. Prusiewicz, Kamieniec Podolski, Warszawa, 1915. 23 S. Herbst et J. Zachwatowicz, op.cit., p. 66—71, 87—106. 24 A. Milobçdzki, Znaczenie srodowiska zamojskiego w architekturze, dans: Zamosc i Zamojsz- czyzna w dziejach i kulturze polskiej, Zamosc, 1969, p. 132. 47