238 l’esprit, acte pur puisque l’esprit est liberté. Mais, pour quiconque est en pos- session du concept réel du Moi absolu, l’altérité de l’histoire et de la nature n’est autre que l’objectivité du Moi vis-à-vis de soi-même déjà analysée plus haut : cette objectivité en vertu de laquelle toute la nature, et toute l’histoire, existe en tant que création du Moi qui la porte et laproduit éter- nellement en lui-même par son autocréation (auTox-ucnç). 12. Contre le subjectivisme abstrait. — Ceci 11e signifie pas que la réalité soit une illusion subjective, comme pourrait se l’imaginer avec effroi le lecteur qui suit encore les erre- ments des philosophies traditionnelles. Car la réalité est une réalité véritable et parfaitement solide, nous le répétons, puisqu’elle est le sujet lui-même, le Moi. Ce dernier n’est en effet autoconscience que parce qu’il est conscience (la conscience du soi déterminé comme n’importe quel autre objet). La réalité de l’autoconscience est dans la conscience, est la réalité de la conscience dans l’autoconscience. La conscience d’une autoconscience en est la réalité, non pas contenue en elle-même comme un résultat, mais comme un moment dialectique. En d’autres termes, ce que nous savons est l’accroissement de notre intelligence, accroisse- ment qui ne constitue pas une qualité acquise et conservée sans besoin ultérieur d’activité, mais par lequel l’intelli- gence se réalise dans un nouveau savoir. Il en est toujours ainsi, sans que l'on puisse distinguer entre un savoir et l’autre sinon par analyse et abstraction, car i’autoconscience est une, et la conscience est conscience de l’autoconscience. Le développement de l’autoconscience, ou sans pléonasme, Y auto conscience est le processus même du monde (nature et histoire) en tant qu autoconscience réalisée dans la cons- cience ; et si l’on appelle histoire ce développement de l’esprit, l’histoire qui est conscience est l'histoire même de l’autoconscience. Ce que nous appelons le passé n'est rien d’autre que le présent actuel dans sa forme concrète.