CAUSALITÉ, MÉCANISME ET CONTINGENCE 159 contingente que relativement, tandis qu'elle est en soi absolument nécessaire. Il n'est rien d’antérieur à l’individu posé dans sa forme concrète qui puisse être considéré comme son principe, car tout ce qui peut être conçu comme se distinguant de lui est quelque chose d’autre, n’ayant avec lui aucun rapport nécessaire. Aussi n’est-il pensable qu'autant qu'il est, et jamais comme n'étant pas ou devant être, et se faisant lui-même ce qu'il doit être à l’exclusion du contraire. Et c’est précisément en ceci que consiste la liberté. 19. Conclusion. — Ainsi donc, le contingentisme, en acceptant la position nettement naturaliste de l’empi- risme, pourra se faire illusion en croyant rendre possible la liberté par son insistance sur les différences que le méca- nisme efface. En réalité, il ne fait que fractionner la nature compacte du mécanisme, et lui conserve la maté- rialité inerte et l’identité qualitative, abstraitement con- çue, qui est la loi fondamentale de l’unité de la nature, base de l'école mécaniste. Or, si telle est la vérité, le contingentisme retombe évi- demment dans l’intuition mécanique de la réalité qui est propre à l’empirisme, et sa contingence n’a pas plus de valeur que le concept empirique de causalité et tombe ainsi dans l’absurdité où nous avons vu tomber celui-ci. Les difficultés insurmontables qui surgissent des con- cepts de condition et de conditionné n'ont donc été sur- montées ni par la causalité métaphysique, ni par l’occa- sionnalisme, ni par le contingentisme.