88 l’esprit, acte pur particulariser dans l’individu comme le veulent les nomina- listes, que lorsque cet individu n’existe point, doit être cher- ché et se cherche, l’universel se pose lui-même comme indi- vidu et est simultanément l’un et l'autre. Par conséquent toute recherche tendant à intégrer l’universel comme pur universel est condamnée à ne jamais aboutir. g. Forme concrète de Vuniversel et du particulier. — Nous pouvons désormais dire que, dans leur antagonisme, le par- ticulier et l’universel ne sont que deux abstractions. En con- cevant le particulier on l’universalise ; en concevant l’uni- versel on le particularise ; de sorte que la recherche du con- cept d’individu a toujours tendu à une abstraction, en partant d’une autre abstraction : l’universel, comme idée à réaliser, ou catégorie à individualiser. Cette recherche des deux termes entre lesquels évolue la pensée (particulier qui doit être compris dans la catégorie, et catégorie qui doit pénétrer le particulier), ne négligeait rien moins que le penser lui-même, auquel les deux termes sont im- manents. Abandonnons l’universel, qui est concevable mais ne se conçoit pas, et le particulier, qui peut être objet d’intuition et ne l'est pas, et tournons-nous vers la forme concrète du penser, qui comporte l’unification de l'universel et du particulier, du concept et de l’intuition. Peut-être trouverons-nous ainsi à portée de nos mains le positif pur de toute contradiction.