8o l’esprit, acte pur sonne ne saurait rejeter dans le facendum comme nous l’avons dit ; terrain sûr, où l'on peut marcher et s'appuyer tranquillement. On ne saurait dire que toute réalité fasse défaut à la pensée telle que Platon la conçut et telle qu'elle est toujours conçue (c’est-à-dire comme un univer- sel qui n’est pas le particulier des choses particulières) ; mais la réalité réalisée qu’est le positif lui manque et elle ne saurait la produire puisque l’idée, pour irréelle qu’elle soit en comparaison de la réalité dont nous venons de parler, est néanmoins réalisée en elle-même. L’indi- vidualité tant cherchée est donc tout simplement le positif. 19. Le positif posé par le sujet et le positif posé par les autres. — Le positif lui aussi peut être compris de deux façons, car, si toute chose posée peut être dite positive, elle peut être posée par le sujet pour qui elle est posivive ou par quelqu’un d'autre. Or le positif dont la pensée en tant que pur universel a besoin, ne saurait être posé par le sujet. Il importe de faire observer ici que même les idées platoniciennes, tout comme celles de Descartes ou le logos hégélien, constituent elles-mêmes un positif en tant que con- cevables comme déjà réelles (réelles en qualité d’idées) , et par conséquent comme n'étant plus à réaliser. Elles ne sont pourtant pas positives au même titre que les choses qui doivent en naître et en comparaison desquelles elles ne sauraient être réelles. L'intelligence qui pense aux idées, et seulement aux idées, les pense déjà comme réelles, (comme une réalité positive, qui peut être imaginée comme l’objet d’une expérience réelle et positive dans l’Hy- peruranien), tandis que lorsqu’elle les pose en rapport avec les choses, celles-ci seules sont positives et les idées ne le sont plus. Il est donc impossible, malgré toute leur transcen- dance, de considérer les idées comme un résultat, ou comme quelque chose de positif par rapport auquel le processus subjectif dont elles sont l’objet serait posthume dès qu’on les met en face des choses. Les idées appartiennent intrin- sèquement à l'intelligence, puisqu’elles servent à la con- naissance des choses et accomplissent la fonction qui leur