66 i/esprit, acte pur pour objet. L’intelligence connaît cet uiversel des indi- vidus, dans lesquels son idéalité s’incorpore avec la matière, et en dehors desquels elle n’est qu’un simple nom. Les autres développaient le concept platonicien subsis- tant dans l’aristotélisme, et objectaient que si l’universel est dépourvu de réalité, l’individu, qui est la détermina- tion de l’universel dans lequel il puise nécessairement le principe de son être, en sera dépourvu lui aussi. Le particulier ne pouvant avoir de réalité, selon eux, qu’autant qu'il par- ticipe de l’universel, ils purent conclure que, cela étant vrai, de tous les particuliers, la réalité de chacun est éphémère et transitoire tandis que l’universel a, dans son unité, une réa- lité constante et étemelle. Aussi arrivaient-ils à conclure que le particulier est et n’est pas réel, c’est-à-dire qu’il l'est dans la mesure ou, dépouillant les limites de sa propre individualité, il coïncide avec l’universel, qui lui, est au contraire réel d'une réalité absolue ; il ne l’est pas vérita- blement tant qu’on le considère comme particulier se dis- tinguant et s'opposant à l’universel. 3. Critique du nominalisme. — Le nominalisme est évi- demment une solution naturaliste et matérialiste qui tend à supprimer l’intelligibilité des particuliers par la négation de la valeur absolue des universels qui les rendent intelli- gibles. Il tend par conséquent à nier toute valeur à la pen- sée. Si cette dernière est en effet le contraire des particuliers qui ont l’apanage exclusif de la réalité, elle ne peut être absolument rien. L’universel pour cette école n'est plus qu'un nom (un concept, comme l'appelèrent les concefi- tualisles qui prirent au fond le parti des nominalistes, mais un concept dépourvu de la réalité qui n’appartient qu’aux particuliers) et contenu dans l'individu il ne peut le résoudre en lui-même en l’universalisant. C'est même le contrairequi se vérifie, c'est lui qui se résout dans le particulier en se déter- minant. C’est-à-dire que la forme de chaque particulier n'est plus forme universelle, mais déterminée, car elle n’est pas la forme des autres particuliers et ne saurait être conçue indépendamment de chacun d'eux. Elle est une forme don- née hic et nunc ; dans son être omnimode determinatumt