62 l’esprit, acte pur qui nient la transcendance de l’idéal par rapport au réel de Dieu par rapport au monde, et ipso facto de la forme par rapport à la matière. Mais il ne suffit pas qu’une phi- losophie se propose de restaurer l’unité en niant la trans- cendance pour qu’elle parvienne au concept absolu de l’im- manence, qui constitue le point de mire de tout monisme et est effectivement le seul capable d’échapper à l’antinomie du principe d’individualisation. Hegel est généralement considéré comme le philosophe le plus immanentiste qui ait existé, et il est aussi, pour quiconque estime que pan- théisme est synonyme d’immanentisme, la personnification du panthéiste. Le fait est que personne avant Hegel n'avait fait d’aussi puissants efforts pour affranchir la réalité de tout principe transcendant. Il dut néanmoins concevoir la forme abstraite, distincte de la matière, et se trouva en face de l'universel qui n’est pas le particulier, de l'idéal qui n’est pas le réel, comme s’y étaient trouvés les chercheurs du principe d’individualité ; comme eux, il finit par se de- mander imde et quo modo individuum ? q. Le problème de Hegel. — Le problème le plus ardu qu’on rencontre dans l'hégélisme est probablement celui- ci : lac logique, connexion de toutes les catégories de la réalité, étant admise, une question se pose : comment et d’où vient la nature ? La nature est le particulier qui doit intervenir là où il n’y a exclusivement que l’universel ; elle est l’incarnation du pur idéal dans la matière, à par- tir de sa plus simple détermination, l’espace : en un mot, l’individu aristotélique. Et ce problème, de quelque façon qu’on veuille interpréter les affirmations d’Hegel à ce sujet, fut laissé par lui sans solution. Car la difficulté contre laquelle se heurta l'idéalisme de Platon se répète pour son système. Le logos est la concevabilité de tout, de sorte que deux seules hypothèses sont possibles : ou rien n’existe en dehors du logos, ou il existe quelque chose d'inconcevable (inintelligible). Dans le premier cas, la nature ne saurait exister en dehors du logos ; dans le deuxième, la nature existera, mais non la philosophie de la nature, et si le