6 l’esprit, acte pur Moi mais du non-Moi. De là le défaut et l’erreur de Berkeley et la raison de son impuissance à résoudre le problème posé : son idéalisme est empiriqu. La conception transcendantale de la réalité de l'esprit ne peut être que le résultat d’une considération ayant pour objet non la pensée mais le penser ; l'acte qui s’accomplit et non l'action accomplie. Or il est impossible de trouver une position transcendante par rapport à cet acte puisqu’il n’est autre que notre propre subjectivité, que nous-mêmes en somme, et par conséquent ne peut abso- lument pas être objectivisé. La nouvelle position, le nouveau point de vue d’où il nous faut partir consiste à admettre Vactualité du Moi comme principe rendant impossible de concevoir le Moi comme son propre objet. Il est bon de noter dès maintenant que toute tentative ayant pour but d’objectiviser le Moi, le penser, l’activité intérieure qui forme notre spiritualité, devra nécessairement faillir car elle ne pourra jamais saisir ce qu’elle s’efforce de con- tenir. Il nous faut en effet observer que pour que nous puis- sions définir comme objet déterminé de notre penser notre activité pensante, il est indispensable que cette activité elle-même soit le sujet et non l’objet de notre définition. Nous pouvons donc conclure en disant que la vraie acti- vité pensante n’est pas celle que nous définissons mais le penser même qui définit. 7. A dualité de tout fait spirituel. — Le concept ainsi ex- primé semble tout d’abord fort obscur, il est néanmoins la base de toute vie spirituelle. Ce serait certainement se rendre coupable d’un lieu commun que d’observer ici que, toutes les fois que nous devons comprendre quelque chose ayant une valeur spirituelle et qui mérite le nom de fait spirituel, il nous faut regarder cet objet de notre considération non comme opposé à nous qui cherchons à le comprendre, mais au contraire comme s’identifiant avec notre propre activité spirituelle. Qu’importe que nous comprenions parfois des âmes avec lesquelles nous n’avons aucun accord sérieux : notre compréhension peut s’effec- tuer soit que nous apportions à la chose comprise notre