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surgissant chaque jour et perdaient un temps infini à
délibérer sur des sujets souvent insignifiants.
Le trésor était à peu près vide.
Les populations vivaient dans la crainte constante d’une
invasion et avaient tout à redouter de l'ennemi.
Une lettre (1) due vraisemblablement à la plume du
secrétaire du département de la Moselle, Lajeunesse, et
adressée, le 2 floréal Il (21 avril 1794), à Sechrœder alors
en mission à Deux-Ponts, peint bien l’état d’esprit des
populations .
«Tu me mandes par la première lettre que le pays dans
lequel tu vis (Deux-Ponts) est absolument ruiné, que la
situation des habitants est déplorable; mais, mon cher
ami, juge par ce qu’ils éprouvent de ce que nous aurions
souffert nous-mêmes si les projets hostiles de nos ennemis
eussent réussi. Juge à quels excès de vengeance et d’atrocités
[ils] se seraient portés. C’est donc l’effet d’une politique
très sage d’avoir ruiné le pays; par là, nous les avons
mis dans l’impuissance d’y exister et par conséquent,
de nous nuire. »
D’après Legrand (2), historiographe de l’armée, ayant
vu par lui-même les événements, l'évacuation du Palatinat
était une mesure « dictée par la nécessité et autorisée par
le droit de conquête ».
Les témoins sont unanimes non seulement pour déplorer
la misère des habitants des pays occupés, mais aussi pour
reconnaître la nécessité où la France s’était trouvée d’agir
ainsi.
Au fur et à mesure que les besoins des armées allaient
grandissants, les directives données par la Convention
nationale et le Comité de Salut public évoluaient. À l’origine,
on considère les réquisitions diverses comme un emprunt
dont le règlement est reporté à la fin de la guerre.
(1) Archives de la Moselle, L 464.
(2) L. HEnnequin, La Campagne de 1794 entre Rhin et Moselle. Paris.
Chapelot, 1909, in-8, xx1v-630 pages.
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