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Parvenu au terme de cette étude, quelques réflexions
s'imposent.
Nous avions cru, sur la foi des manuels d'histoire, que
l’exploitation du Palatinat avait été une erreur commise
par le gouvernement révolutionnaire, mais la lecture des
documents des archives locales, relatant les événements
au jour le jour, nous conduisit à en juger autrement.
Il faut se rappeler la situation tragique de la France en
1793-1794 et en particulier celle de la région frontière dont
nous nous occupons exclusivement.
En 1792, la France avait subi l'invasion de l’armée austro-prussienne,
aidée du corps des émigrés; ceux-ci, dont
ta consuite antérieure avait déjà exaspéré les patriotes,
commirent, au cours de la retraite, bon nombre d’atrocités
incendie du village de Voneq, par exemple) (1).
Lorsque les hostilités furent transportées au delà de la
frontière, dans les petits états ayant donné asile aux émivrés,
les troupes coalisées firent plusieurs incursions sur le
territoire national vers Sierek, Bitche, Wissembourg, y
prirent des otages et levèrent des contributions.
Pour vivre, l’armée républicaine avait dû exploiter en
partie le pays occupé; les autres ravitaillements lui arrivaient
par des convois qui étaient une très lourde charge
pour les départements frontières; ceux-ci, après avoir
fourni aux besoins de l’armée, n'avaient plus assez de vivres
pour leur population; situation due en partie à plusieurs
récoltes déficitaires; il fut nécessaire de les ravitailler à leur
tour; les passages continuels de troupes ruinaient les communautés;
leurs forêts, en particulier, étaient saignées à
blanc pour fournir le chauffage nécessaire aux troupes.
Les autorités locales composées d'hommes élus et sans
expérience étaient peu faites pour vaincre les difficultés
(1) Voir CHUQUET, La retraite de Brunswick, p. 222 et suivantes. Voir également
dans : Chuquet, Ja première invasion prussienne, p. 144 : Bouillé
donnant des conseils à l’état-major ennemi sur la conduite des opérations;
page 161, le pillage de Tiervelet et de Brehain-la-Ville; page 273, les émigrés
fabriquant de faux assignats.