entreposer le tout. Cette concentration avait l’inconvénient
d’accumuler les prises sur un même point et d’en rendre
la surveillance difficile, en particulier pour les vins et les
denrées périssables; tels ces trois tonneaux de pommes de
terre envoyés de Deux-Ponts; elles avaient été en partie
écrasées pendant le transport et le reste commençait à
germer; le département délibéra gravement sur cette
affaire : « Considérant. qu’il n’est pas possible, eu égard
à leur petite quantité d’en faire une répartition égale, non
seulement entre tous les citoyens du département, ceux
du district, ni même entre ceux d’une seule commune,
qu’en annonçant la vente ou en les faisant transporter à
quelque distance, on en absorberait le prix ;
« Arrête -
« Que les pommes de terre seront distribuées par petite
quantité aux jardiniers et maisoyers-cultivateurs des environs
de la commune de Metz à charge par eux : 1° de
les payer comptant au prix fixé par le maximum; 2° de les
planter et d’en apporter la preuve dans huitaine, du jour
le la délivrance, par certificats de leurs municipalités. »
Le bétail était réparti, à son arrivée, dans les églises
désaffectées ou les prairies voisines de la ville; des gardiens
responsables étaient chargés de son entretien, un vétérinaire
en faisait le triage, les femelles réservées à la reproduction
furent cédées aux cultivateurs à prix d’estimation
et sous condition de les représenter à toute réquisition
(cette dernière clause éloigna bon nombre d’acheteurs);
les municipalités étaient rendues responsables de l’existence
des bêtes ainsi cédées et rendaient compte de celles
ayant péri.
Pour les pores, beaucoup étaient trop maigres pour
être salés, sans doute par suite des fatigues de la route,
et trop peu nombreux pour permettre une répartition; on
décida de les vendre avec défense à chaque amateur, d’en
acheter plus de deux et de revendre « à peine d’être déclaré
suspect et traité comme tel ».