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Le 19 pluvièse II, un membre du département signale
que dans les convois arrivant à Metz règne le plus grand
désordre « entre autres sur les vins chargés sur voiture,
dont le nombre de pièces n’est pas constaté, non plus que
la quantité que chaque pièce contient au départ, que la
presque totalité de ces pièces arrivait presque vides,
d’autres dont la qualité se trouvait tellement altérée que
l’on s’est aperçu, par la dégustation, qu’on y avait substitué
beaucoup d’eau, que les voituriers arrivant sans lettres de
voiture, il était possible qu’ils eussent disposé, dans le
chemin, d’une partie de leurs voitures, ainsi que quelquesuns
l’ont avoué. »
Des convois arrivent du Palatinat à Sarreguemines; à
l’un il manque 271 sacs de grains sur 369; sur un autre 4,832
pintes d'eau-de-vie sur 6.930. Quelquefois, mais rarement,
il y a des excédents, ainsi à Sarreguemines, en pluvidse IT,
parmi les cuirs annoncés, il y a en trop 32 basanes et
200 peaux de mouton.
Pour les convois de bétail, celui-ci s'échappe en cours de
route, crève de fatigue ou disparait sans motif connu.
A Listroff, près de Sarrelouis, on découvre un troupeau de
moutons appartenant à la République, abandonné à peu
près sans soins dans une bergerie, quantité de ces malhenreuses
bêtes sont mortes et sont restées sur place.
Certaines enquêtes donnent des détails presque invraisemblables
sur le fonctionnement des convois. Le département
essaya d’y remédier; il envoie des commissaires sur
les routes, invite les autorités et les sociétés populaires
à veiller pour empêcher les pertes et les dilapidations, prescrit
de vendre sur place les bêtes ne paraissant pas suceptibles
de suivre les convois.
Nous avons vu que la plus grande partie du matériel
et des bestiaux étaient dirigés sur Metz (1), où, sur l’ordre
de Colonge, le département avait préparé des locaux pour
(1) Le manque de fourrages dans la région de Sarreguemines imposa cette
mesure pour le bétail.