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Le 15 ventôse II (5 mars 1794), la Commission de Landau
annonce à l’administration du département de la Moselle
que les voitures requises sont arrivées, mais un grand nombre
de voituriers s’est enfui; les autres ont usé chevaux et
voitures pour assurer le service et elle demande que des
sanctions soient prises. La Commission joignait à sa lettre
une proclamation dont nous extravons quelques passages :
« Les ressources qu’offre le Palatinat seraient considérables
si on abusait moins dans les différents cantonnements,
si les escortes choisies pour protéger les transports
ne donnaient elles-mêmes l’exemple du vol et du pillage,
si les voituriers ne prenaient point part à ces dilapidations,
si les troupes où passent les convois ne les pillaient de
nouveau, si lorsque ces convois sont arrivés à leur destination,
ils n’étaient encore dilapidés…
« Déjà plusieurs individus ont été fusillés par jugement
du tribunal militaire pour fait de vol et pour avoir participé
au pillage des convois.
«Les voituriers employent toutes sortes de manœuvres
pour tromper la vigilance des citoyens chargés de diriger
le mouvement des convois; ce sont les plus coupables,
il en est qui se sont cachés huit et quinze jours sans faire
de chargement. »
Un arrêté avait été pris par la Commission pour régler le
service des transports et les devoirs des voituriers et de
l’escorte; un parc avait été organisé à Landau pour héberver
les charretiers et leurs chevaux; des sanctions étaient
prévues pour les voituriers en faute.
Le département de la Moselle, de son côté, décida d’iniliger
huit jours de prison et 300 livres d’amende aux conducteurs
abandonnant le service; en outre, leur nom devait
être inscrit sur la liste des suspects et affiché à la porte du
Temple de la Raison et de la maison commune. Quant aux
officiers municipaux responsablesils encouraient une amende
de 300 livres; moitié de l’amende était remise au dénonciateur,
le reste était destiné aux indigents de la commune.