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éloignait les campagnards de leurs foyers pour des périodes
souvent fort longues et cela en toutes saisons; les chemins
étaient en très mauvais état (1) et les attelages se ruinaient
promptement. Fréquemment, les malheureux conducteurs
n’hésitaient pas à abandonner chevaux et voitures pour
rentrer chez eux.
Les convois peu ou pas encadrés marchatent dans le plus
rrand désordre, heureux quand ils n’étaient pas pillés par
l’escorte.
Quelques exemples, choisis parmi bien d’autres, feront
mieux comprendre les vices de cette organisation.
Le 3 pluviôse II (22 janvier 1794), le commissaire ordonnateur
des guerres, Lemonnier de la division Moreaux,
écrivait de Kaiserslautern : « Il existe depuis longtemps dans
l'armée une masse de citoyens bien dangereuse, j'entends
vous parler des charretiers de tous les services sans exception
aucune. Les vols, les pillages, les dilapidations commises
par cette classe de citoyens antirépublicains, voilà
sur quoi la Convention nationale doit promptement fixer
les yeux.
« Je le dis, l’impunité des délits, la lenteur des formes
judiciaires, j’ajouterai l’indifférence avec laquelle une
foule d’officiers tolèrent ces délits, au lieu de les faire réprimer,
voilà la source du mal qui existe et la cause des
dilapidations que j'ai vu s’accroître chaque jour et qui
s’accroitront encore si on n’y remédie pas sur-le-champ…
« Toujours en avant ou en arrière du convoi, jamais à
leur poste, la plupart du temps ivres, voilà quels sont les
conducteurs des différents convois; j'en ai rencontré plusieurs
fois dans les villages, j'ai fait appeler les conducteurs,
jamais je n’ai pu parvenir à leur parler; ils abandonnent
le dépôt qui leur est confié pour aller s’enivrer, si c’est
l’été, ou se chauffer et s’enivrer si c’est l’hiver. La plupart
d’entre eux ne connaissent rien au métier qu’ils font. »
; A) Une étude de la voirie pendant la Révolution serait très intéressante à
aire.