Le séquestre des biens de Nassau
de la Leyen et des Deux-Ponts.
Par leur arrêté du 11 mai 1793, les représentants du
peuple avaient prescrit, outre l’arrestation du prince de
Nassau-Sarrebrück, de la comtesse de La Leyen et de leurs
familles, la mise sous séquestre de leurs biens meubles et
immeubles. Par leur proclamation du 2 juin intitulée :
« Paix aux chaumières, guerre aux châteaux », les représentants,
après avoir rappelé les motifs de ces arrestations,
précisèrent les conditions dans lesquelles l’opération du
séquestre devait être faite (1).
L'administration du département de la Moselle était
chargée de ce travail; il devait être établi des commissaires
délégués pour administrer les immeubles comme biens
nationaux; le salaire de ces agents, fixé par le département,
serait prélevé sur les revenus de ces biens. Les gages dus
aux domestiques du prince de Nassau et de la comtesse
de La Leyen seraient réglés à l’aide des mèmes fonds et
ils recevraient une gratification égale à un mois de gages.
Le département désigna, le 10 juin, deux de ses membres,
Richard et Meuler, pour diriger et surveiller les opérations
de séquestre; ils recevaient pouvoir de nommer les agents
nécessaires et révoquer, s’il y avait lieu, ceux délégués
provisoirement par les représentants du peuple.
Malheureusement Richard et Meuler furent rappelés
quelques jours plus tard ayant cependant eu le temps de
se rendre compte des dilapidations commises (20 juin).
À la suite d’une dénonciation du Comité de surveillance
de Sarrelouis, deux autres membres du département, Purnot
et Rolland, furent envoyés, le 2 juillet, pour enquêter.
Ils rendirent compte de leur mission le 7.
(1) Le 26 mai, ils écrivaient au Comité de Salut public. : H faut prévoir
que le sort des armes qui a mis tous ces biens dans nos Mains, peut nous les
enlever; l’intérêt de la République nous inspire la nécessité de profiter dù
moment où nous occupons le pays pour faire tourner à son avantage toutes
les ressources qu’il offre.