aussi des maisons d'habitation qui en dépendaient. Quand,
au matin du 3 février, l'officier anglais et ses Irlandais quittèrent
Saint-Wendel, le magistrat leur offrit une forte quantité
de vin achetée pour neuf thalers à l’abbaye de Tholey.
L’incendie de la ville de Saint-Wendel n’a pas été ce que
certains auteurs allemands ont prétendu. En 1677, comme
en 1674, il s’est seulement agi de mettre la ville forte hors
d’état de pouvoir servir à l’ennemi. Il n’y eut aucune victime
à déplorer, ni en 1674 ni en 1677. Un historien allemand
signale que déjà vers la fin du même mois de février
1677, une troupe française, revenant du Palatinat, campa
dans la ville qui n’était qu’à moitié détruite (« In der
halbzerstôrten Stadt ») et que cette troupe réussit facilement
à garantir les brèches que la démolition de 1674 avait
pratiquées dans le mur d’enceinte.
Il ne faut pas confondre ces mesures prises par Turenne
pendant la guerre de Hollande avec celles décidées par Louvois
au début de la guerre de la Ligue d’Augsburg (1688-1697),
qu’aucun homme de cœur, füût-il Français, ne peut
approuver. Pour protéger l’Alsace et empêcher les Allemands
de l’envahir de nouveau comme en 1674, Louvois
ordonna de faire un désert de la province allemande la plus
voisine de la frontière; c’était le Palatinat.
En 1680, la Chambre des Réunions à Metz, appliquant
le paragraphe 70 du traité de Münster en 1648, et se basant
sur le fait que Saint-Wendel avait appartenu jadis à l’évëché
de Verdun et que cet évêché faisait maintenant partie
de la France, déclara aussi la réunion de Saint-Wendel au
royaume de France. Cette réunion s’opéra en plein accord
avec le baron Franz-Philipp von Soetern, auquel l’archevêque
et prince-électeur de Trèves, Karl-Gaspar von der
Leyen, et son chapitre avaient cédé, en due forme, les revenus
de Saint-Wendel comme gage jusqu’au remboursement
de la somme de 15.000 thalers d'Empire que Trèves devait
à la famille des von Soetern depuis la guerre de Trente ans.
Mais Trèves qui avait dû consentir ce gage en 1654 déjà