À trois reprises, pendant les premiers mois de l’année 167%,
le maire Michaelis alla trouver Turenne à Raunen et le
supplia d'épargner les fortifications de Saint-Wendel.
Lors de sôn premier voyage à Raunen, Michaelis se trouvait
de nouveau en compagnie du comte Jean-Louis d’Ottweiler.
Mais ces démarches restèrent vaines, et la démolition des
fortifications de Saint-Wendel qu’exigeait la sécurité de la
France menacée par une forte coalition fut décidée définitivement.
À propos de cette décision, un auteur allemand
a reconnu qu’elle avait été commandée par la « Kriegsraison
».
La démolition des murs et des portes de la forteresse de
Saint-Wendel commença le 9 avril 1674. Elle fut exécutée
par des bourgeois de la ville et aux frais de la ville, sous la
surveillance d’un commissaire de l’armée française. Les
frais qu’occasionnèrent les travaux de démantèlement
furent plutôt modestes, ainsi que le prouvent les factures
conservées aux archives de la ville. Du reste, ce ne fut pas
un anéantissement complet des fortifications; on se contenta
de faire crouler en parties seulement portes et mur et
de verser les pierres et les débris dans le fossé d'enceinte.
La ville paya dix thalers au commissaire français, sans
doute pour lui permettre de faire face à ses frais d’entretien,
mais aussi pour prouver sa reconnaissance à l'égard
d'un homme au cœur noble qui avait permis de préserver
les parties du mur d’enceinte contre lesquelles étaient construites,
à l’intérieur de la forteresse, des maisons habitées
par les bourgeois.
Une petite garnison française resta encore pendant quelque
temps dans la ville démantelée. Au mois de mai 1674,
la ville de Saint-Wendel offrit douze jambons aux deux officiers
français qui commandaient cette petite garnison.
La guerre reprit avec plus de vigueur au commencement
de l’année 1677. Les troupes françaises commandées par le
comte de Bussy réoccupèrent le Palatinat. Mais cette campagne
n’obtint pas le succès espéré, et Louis XIV et Lou-