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maison de Nassau-Saarbrücken. Aussitôt le duc de Lorraine
fit marcher ses troupes sur Saarwerden et Bouquenom qui
furent enlevés d’assaut. Les campagnes furent dévastées, les
officiers du comte de Saarbrücken expulsés de leurs postes,
les armes de Saarbrücken arrachées partout et remplacées
par les armoiries lorraines; enfin, les pasteurs protestants
chassés, toutes les églises avec leurs biens furent rendus
aux catholiques. Le duc fonda ensuite (Ordonnance du
1er décembre 1630) un collège de jésuites à Bouquenom qu’il
dota des biens de l’ancienne abbaye de Herbitzheim, lesquels
avaient été séquestrés et attribués par les comtes de
Saarbrücken aux établissements protestants de leur capitale.
Les réclamations et protestations que Louis-Guillaume
fit au chef de l’Empire et au duc de Lorraine restèrent
infructueuses; c’était à son tour de dire : la force
prime le droit. À force de prières et de supplications, les
protestants du comté finirent cependant par arracher au
duc la permission de professer leur culte, mais sous l’administration
d’un seul ministre et sous la condition de ne
s’assembler qu’à Bouquenom. L’occupation lorraine durait
encore trois ans. Les choses changèrent de face lorsque le
Rhingraf Othon-Louis fit irruption dans le pays, en chassa
les Lorrains et y arbora, à la grande joie des protestants, le
drapeau de la Suède. Au mois de mars 1635, le comte
Axel-Oxenstiern, chancelier de la couronne de Suède
et directeur de l’Union évangélique, fit restituer à Guillaume-Louis
le comté de Saarwerden y compris la ville
de Bouquenom.
Entre temps, les troupes françaises avaient fait leur
jonction avec les Suédois dans le Palatinat. Les alliés
durent cependant reculer devant l’épée victorieuse de
Gallas qui commandait l’armée impériale. Celle-ci pourchassant
l’ennemi inonda les pays de la Saar à la merci
des méfaits de la soldatesque. Pendant que les Croates
se livraient impitoyablement au pillage, la famine et la
peste ravageaient les rives de la Sarre et enlevaient les