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œuvres des maîtres de l’art dramatique. Munich, ville
d’art, ne pouvait manquer d’éveiller chez ce grand silencieux
l’amour de la peinture. Il fit de l’aquarelle. Mais les
vacances venues, il faisait de longues promenades solitaires,
surtout dans les Alpes bavaroises. Marcheur infatigable,
il goûtait le charme profond des grandes randonnées
et prenait un contact intime avec la nature. Un jour, il
revint seul à pied du lac de Garde à Strasbourg, en Alsace.
Le séjour à Munich de M. Krämer fut aussi la période de
sa vie où il s’initia aux œuvres religieuses et philosophiques
dont les idées devaient avoir tant d’influence sur sa pensée
et sa sensibilité : Giordano Bruno et Spinoza n’ont cessé
d’être ses guides préférés.
Les examens obligatoires mirent fin à cette belle période
de sa vie. M. Krämer fut reçu en octobre 1909, à Munich,
à l’agrégation (Staatsprüfung für das Lehramt an hôheren
Unterrichtsanstalten) avec la note « Bien ». I] fit son stage
pédagogique pratique à Nuremberg et obtint la note « Très
bien ». De 1910 à 1912, M. Krämer professa dans l’enseignement
secondaire, d’abord à Seeheim an der Bergstrasse
(Hesse-Darmstadt), ensuite à Munich. C’est à Seeheim qu’il
fit la connaissance de celle qui allait être pour lui une compagne
fidèle et sûre, s’attachant à éloigner de lui les soucis
matériels.
La dot que Me Krämer avait apportée en mariage était
considérable; M. Krämer put quitter le service d’État pour
sS’adonner entièrement à ses études personnelles. De 1913
à 1923, il se contenta d’être bibliothécaire de la Société
géographique de Munich, titre qui lui permettait de continuer
ses études facilement.
Au début de la guerre, M. Krämer servit quelque temps,
puis fut réformé. M. Krämer a dit : « La guerre m’a relégué
dans un coin, et je suis heureux de n’avoir pas été forcé
d'utiliser un instrument de meurtre. Étant donné que tout
ce qui est vivant m'est sacré, inviolable et divin, je n’ai
nullement besoin d’insister sur la position que je prends