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— oh Chrétiens qui m’écoutez, ici où les liens sont si étroits, où
l’objet de la joie est si public, où non seulement le souverain
et la souveraine sont comblés de délices, mais où chacun de
nous ne peut faire autrement que de se féliciter de cette auguste
naissance du fils du pays, du futur successeur au trône, le plus
bel espoir de nous et de nos descendants — oh ici il faut bien
que notre cœur batte plus fort, enflammé de la plus pure joie,
il ne faut entendre qu’un seul langage, ne suivre qu’une pensée,
n’adresser au Ciel qu’une même prière :
« Loue le Seigneur, mon âme, et que tout ce qui est en moi
bénisse son saint nom! Loue le Seigneur, mon âme et n’oublie
pas tout le bien qu’il t’a fait! »
Et, mes amis, la pensée que notre auguste souveraine et avec
elle son impérial époux, prient ainsi maintenant, que ces pieux
et saints sentiments inondent leurs deux cœurs, parce que Dieu
leur a accordé les plus sublimes joies de la vie humaine, celles
de père et de mère, cette pensée, dites-moi, ne doit-elle pas être
une nouvelle invitation pour nous, leur peuple fidèle, à partager
au plus profond de notre cœur leur joie et leur bonheur?
Oh vous qui connaissez cette joie, qui pressez sur votre poitrine
de père et de mère des êtres qui procèdent de vous, qui vous
doivent la vie, connaissez-vous une joie qui ressemble à cette
joie, un ravissement qui ressemble à celui d’être les parents
d’enfants pleins de santé et de bonnes dispositions? Ah, notre
vie fût-elle par ailleurs bénie de mille manières, posséderionsnous
tout ce que le monde a coutume d’appeler bonheur,
serions-nous pour ce bonheur prisés et enviés par des millions
d’hommes — si nous étions privés de cet élément principal de
toute pure et noble joie humaine, au sein de cette ineffable félicité
nous nous sentirions inexprimablement misérables; car
les plus belles joies de l’homme s’épanouissent dans ses enfants.
Quelle vue est plus ravissante que celle d’une mère dont le
regard repose avec une silencieuse complaisance sur l’enfant
de son cœur ou d’un père dont le front reflète les joies paternelles?
Voyez comme tous deux se réjouissent du gage précieux
de leur amour, comme tous deux, ivres de délices, repaissent
leurs yeux en contemplant tantôt les traits semblables à ceux
du père et de la mère, tantôt les premières manifestations d’intelligence,
tantôt les premiers et timides essais de se servir de ses
membres! Voyez comme leur cœur bat plus fort et comme les
plus beaux sentiments s’agitent en eux, quand ils pensent à
l'avenir et se disent : Nos enfants sont notre espoir! En eux notre
existence se renouvelle pour ainsi dire, avec eux nous vivons