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devoirs d’un peuple fidèle de prendre la plus vive part au bonheur
de ses souverains.
Réjouissez-vous avec ceux qui sont dans la joie! C’est à quoi
nous invite la religion de Jésus, dont l'esprit n’est qu’amour et
qui, par l’amour et la bonté, veut faire le bonheur de toute l’humanité.
Oh, quel est le cœur humain pur qui ne comprendrait
pas cet appel et ne sentirait pas le besoin pressant de participer
aux joies et peines de ses frères? La nature elle-même n’a-t-elle
pas enraciné cette sympathie au fond de notre poitrine, si bien
que seule une rudesse contre nature peut l’extirper et éteindre
ces lueurs célestes? Oh mes amis, qui êtes encore accoutumés
à entendre la voix de Dieu dans une âme pure, quand passe.
riez-vous devant un malheureux, quand apercevriez-vous un
de vos semblables dans la misère et la détresse, sans que
votre cœur vous crie : lPleurez avec ceux qui pleurent, secourez
l’infortuné, sovez le père de l’abandonné? Et d'autre part,
quand vites-vous un heureux, digne de son bonheur, sans que
ce même cœur ait battu plus fort et, plein de charité et de sympathie,
ait participé à la joie du prochain? En vérité, nous serions
nous-mêmes bien misérables, la vie humaine serait indigne d’être
véçue, nous manquerions des joies les plus pures et les plus
nobles; nous passerions, froids et insensibles, les uns devant les
autres, aucun bonhieur, ni domestique ni civil ne pourrait fÎleurir,
s’il en était autrement, si le sort d'autrui nous laissait indifférents.
Et nous qui le savons, qui nous sentons malheureux, si
un seul cœur reste insensible à notre félicité et à notre malheur,
comment pourrions-nous ne pas déborder de joie en ce moment
où la joie remplit la demeure de notre Empereur? Ah nos chers
concitoyens, nous qui comprenons les rapports qui nous unissent
à notre monarque, qui savons que ce sont des liens consacrés
par la religion qui nous rattachent à Lui et Le rattachent
à nous, nous savons bien aussi que notre bonheur dépend du
sien et que nous ne pouvons être réellement heureux que s'il
l’est lui-même. Car quel événement heureux ou- malheureux,
joyeux ou triste, peut atteindre le Prince, sans se communiquer
plus ou moins directement à tout le pays, à tous ses sujets de
toute condition, à ceux qui touchent à son trène comme au plus
humble habitant de la chaumière la plus retirée? Souffre-t-il,
tous souffrent ; est-il dans le bonheur, tous y ont part; car l’État
et son Chef sont unis aussi intimement et étroitement que l’âme
et le corps. Puisqu'il est déjà impossible que notre sympathie
soit plus faible et plus froide dans la mesure où seraient plus
relâchés et plus distants les liens qui nous joignent aux heureux