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de notre vénérée impératrice, s'est réalisé; voilà ce que nous
proclame ce jour, ce que nous dit l'heure solennelle où nous
prions : « Remerciez le Seigneur, car il est bienveillant et sa grâce
dure éternellement! » Oui, remerciez le Seigneur dans sa clémence!
Oh, quel est le fidèle sujet, le loyal patriote, le pieux
citoyen et chrétien qui, du fond de son cœur, ne mêlerait pas sa
Voix à ces expressions de reconnaissance et de fervente adoration
de Dieu? Car, amis, la Souveraine, dans son bonheur,
ne contemple-t-elle pas maintenant, avec des larmes de joie
l’enfant de ses douleurs et le père impérial ne presse-t-il pas
sur son cœur, plein d’espérance, le fils de l’amour? Une seule
pensée, un seul souhait jaillit de tous nos cours : Veuille Dieu
bénir l’auguste nouveau-né et lui permettre de devenir les délices
de ses parents et la parure et le gardien de la patrie! En
effet, ce sont des pensées pleines d’une profonde signification,
mais aussi les sentiments les plus beaux et les plus nobles que la
naissance de ce prince impérial doit éveiller en nous. Représentons-nous
aujourd’hui vivement quelle destinée aura cet enfant
qui sommeille dans son berceau, encore inconscient de luimême;
rendons-nous bien compte que cette destinée sera de
diriger et de régler du haut du trône de la France les affaires
et le sort de nombreux millions d’hommes. Qui done ne prierait
du fond de son cœur : Conserve sa vie, oh Dieu, bénis son développement
et son éducation, pour qu'Il devienne un jour le
Père de la Patrie et le bienfaiteur de ses peuples !
Et pouvons-nous ressentir à notre tour les joies de père et de
mère entrées à présent dans la demeure de notre Empereur :
d’une part réalisation finale d’un beau vœu humain nourri si
longtemps, d’autre part félicité parfaite tant à cause du fils
qu’Elle a enfanté qu’à cause de l'époux impérial auquel Elle
l’a donné; tous deux plongés dans la contemplation d’un être
qui procède d’eux et qui réunit en lui les traits flottants du père
et de la mère… Si nous songeons à cela, alors renaitront certainement
aussi en nous ces nobles et aimables sentiments, alors
nous aussi qui sommes pères et mères, nous nous rappellerons
avec délices le jour où nous nous sommes pour la première fois
entendu appeler de ce nom ; oui certes, alors nous comprendrons
tous la signification de cette parole que l’angé adressa au pieux
Zacharie en lui annonçant la naissance de son fils et qui doit
maintenant diriger notre méditation :
« Et tu auras de lui joie et bonheur et beaucoup se réjouiront
de sa naissance. »
Eh bien, prenons donc cette pensée à cœur et méditons sur les