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cria le capitaine, de sa voix de stentor. On poussa heureusement
de l'avant, presque jusqu’à la lisière du bois. Il
fallut s’arrêter là, car un feu terrible s’ouvrit de toutes
parts sur nous. L’ennemi, qui semblait être en dehors du
bois, prenait toute la lisière sous un tir rapide qui ne nous
permettait pas de déboucher. Une quantité terrifiante
de balles de fusil sifflaient autour de nous; il en était de
même des obus et des balles de mitrailleuses qui bruissaient
à travers les arbres. Ce n’était plus qu’une série sans
pareille d’arrivées et d’éclatements de projectiles. Les
branches coupées par les obus tombaient sur nous. Beaucoup
de blessés s’effondraient et nous nous regardions,
consternés, nous interrogeant du regard pour savoir ce
qui allait advenir. C’est alors que retentit, au milieu du
fracas de la bataille, la puissante voix du major. C’était
celle d’un véritable homme de guerre, dur comme fer. Je
l’avais déjà vu se démener dans le bois, le sabre dans la
main droite, le revolver dans la gauche, lorsqu'il cherchait
à enflammer ses hommes à son appel et par son exemple.
Quand sa voix de tonnerre résonna de nouveau, dans ce
bruit d’enfer, l’heure de notre délivrance sonna vraiment.
[Il y avait encore parmi nous des Prussiens qui ne tremblaient
pas et regardaient, sans peur, la mort en face.
« Aucun homme, certainement, ne saurait endurer ce qui
se passe ici », rugit-il. Abandonnant l’arbre qui lui servait
d’abri, il fit face à l’ennemi, puis, sortant du bois, il sauta
dans un champ de blé. Écartant les épis, il fit des yeux un
tour d’horizon, revint et dit que de nouvelles masses d’infanterie
ennemie avaient justement pris sous leur feu le
petit bois où nous nous trouvions. « Venez avec moi! »
s’écria-t-il. Longeant la lisière du bois, il nous conduisit
alors dans la direction du nord.
À l’un des angles du bois, il y avait un gros tas de fumier
sur lequel s’était posté un fusilier qui nous appela : « À
moi, les hommes ! D'ici je fusille toute l’armée française que
j’envoie au diable! » Quel était ce brave? je n’en sais rien