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entrâmes aussi en action : les premières décharges crépitèrent!
le fusilier Mergelsberg fut le premier blessé : pardessus
sa joue, le sang lui coulait sur la poitrine. Mais
l’homme, exaspéré, se précipitait à la rencontre de l’ennemi
: il cognait de tous côtés, puis se remettait à tirer,
jurait et criait comme un héros d’Homère. « Mergelsberg,
ne restez pas devant le front », lui dit le capitaine, car le
peloton, qui avait été maintenu à rangs serrés, avançait
vivement et n’avait pas de champ de tir. Sans cesser de
faire feu, nous continuâmes à gagner du terrain. Mais il
se produisit bientôt un arrêt : l’ennemi avait occupé une
forte position, derrière des arbres et une levée de terre;
bien abrité, il dirigea sur nous un feu plus vif. Nous nous
jetâmes à terre et nous engageâmes alors un long combat
de feux à petite distance. Derrière les arbres, partout des
éclairs ! On voyait la fumée de la poudre et on entendait la
détonation, mais le tireur était bien couvert et on n’apercevait
aucune partie de son corps.
Les officiers nous crièrent de reprendre notre marche
d’approche. Peu de temps après, le lieutenant Scheffler,
qui commandait le peloton de tirailleurs, s’exposa tellement
qu’il fut grièvement blessé d’une balle au bras gauche
et dut passer la commandement. Le feldwebel Zgorselski
fut également atteint d’un coup de feu au bras. Les
Français paraissaient avoir été renforcés et le feu devenant
de plus en plus violent, leur pression ne cessait de
s’accroitre de sorte que toute notre ligne dut battre en
retraite.
Mais, de notre côté, nous füûmes aussi soutenus par le
14e régiment qui vint à notre secours. Nous pûmes de nouveau
progresser. Je retrouvai le capitaine Sartorius avec
les débris de la compagnie. Il nous fit renouveler l'attaque
(tambour battant »! Il y avait dans le bois les 39€, 74° et
Jle régiments complètement mélangés. Tout le monde se
porta à l’assaut. L'air que jouait le flûtiste lui resta dans le
vosier, « Sacré gaillard! continue donc de souffler! » lui