M. J. DonNapiEu : La Liquidation de la Viciotre. Le problème
de la Sarre.
M. James Donnadieu appartient à cette classe de grands
reporters français qui ne considèrent plus que la France doit
vivre repliée sur elle-même, mais cherchent surtout dans l’étude
des pays étrangers à dégager les intérêts essentiels de la France.
Bien qu’il soit jeune encore, il se révèle du premier coup comme
un maître futur.
Il vient en effet de publier le premier volume d’une série
qui sera consacrée à l’étude des grands problèmes qui touchent
à l’avenir de l’Europe et particulièrement à la grave question
du développement de l’Allemagne et à la solution des questions
qui concernent à la fois cet État et la France.
Le premier volume a trait à la Sarre. Ainsi que Jean Revire
l’a écrit, non seulement il renferme tout l’essentiel de la question,
mais les aspects multiples et si complexes du problème
sont décrits sans erreurs, ni omissions. Or, ce n’était pas facile
d'arriver à ce résultat, car il n’est pas de question plus délicate,
plus embrouillée, on peut le dire, que celle-là. Il n’est pas
rare de voir des écrivains de talent, des hommes intelligents
venir en Sarre et ne pas saisir tous les aspects du problème inter-1ational
qui se pose ici.
Il est en effet quelque chose que ne peuvent comprendre souvent
les gens : c’est comment un pays qui est si foncièrement
allemand peut pourtant être rattaché si étroitement à la
France. Une étude historique attentive du passé de la Sarre
peut seule donner la clef du problème marqué par ces deux oppositions
qui, au premier abord, semblent inconciliables.
Nous ne croyons pas que M. Donnadieu l’ait faite, mais il
1 su profiter des études faites par ses prédécesseurs et a dû
zertaimement se documenter aux sources les meilleures.
Il commence tout d’abord par exposer quel est le système
juridique actuel du territoire, ce système qui paraît lui aussi à
certains doctrinaires, extraordinaire et rétrograde, alors qu’au
contraire il est une novation singulièrement hardie qui eût pu,
si On avait su en Allemagne en comprendre le caractère. être
rès féconde pour l’avenir de l’Europe.
HI est certain, et nous le reconnaissons, que les orgueils
nationaux sont l’obstacle le plus difficile à vaincre pour inslaurer
entre les grands États européens une union supérieure
pourtant si nécessaire à réaliser si l’on veut que l’Europe ne
devienne pas un continent dominé.
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