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En 1776, la Commission d’extinction de la dette de
Nassau (1) avait décidé d’amodier toutes les usines métallurgiques
du comité à une seule société pour en « rationaliser
» l’exploitation. Elles échurent à la Société Leclerc
Joly et Claude Savoye en fut nommé directeur général.
Le bail Leclerc devait prendre fin le 127 octobre 1794;
il fallut le prolonger parce que les administrations républicaines
ne trouvaient plus d’amodiateurs à cause de l’état
de guerre. De fait, les mouvements des armées rendaient
toute exploitation fort précaire (2). D’autre part les paysans
révolutionnaires, fort portés à se plaindre contre les maîitres
de forges qui détournaient les cours d’eau ou abimaient
les forêts, se mirent à dévaster à leur profit les réserves de
bois des usines (3). Et enfin, il y avait les grèves.
Tantôt les ouvriers s'insurgent contre le taux des salaires
« fixé par la loi », tantôt ils quittent le travail parce que les
subsistances leur manquent. Et nous voyons Frantz constamment
préoccupé d'assurer des vivres à tous ces métallurgistes,
aux grandes forges comme Neunkirchen et aux
petites comme l’aiguiserie de Vadgasse, en territoire conquis
comme en territoire français (4). C’est en vain que
le général Moreau, le 4 germinal an II, ordonne de libérer
de toute corvée et de toute réquisition de voitures les
habitants qui amèneraient de la chaux à la forge de Neunkirch
(5); que l’administration du district confirme cette
(1) Nommée par l'Empereur pour amortir les dettes contractées par le
prince Guillaume-Henri. -— Voir à ce sujet l’introduction à L'Esprit public
dans le département de la Sarre, et Gayor et HerLy, La Métallurgie des Pays
de la Sarre moyenne jusqu’en 1815.
(2) Gayor et HerLy, op. cit. p. 17.
(3) Ibid, p. 42.
(4) La multiplicité des administrations ne facilitait pas la marche des
affaires; d’où le conflit avec le citoyen Lecompte (rapport du 29 fructidor
an II); de mème, le 14 germinal an II, Savoye se plaint que « les agents du
Comité de Salut public résidant à Deux-Ponts ont saisi du seigle se trouvant
dans l’ancien bailliage d’Ottweiler et destiné aux ouvriers de la forge de Neunkirch
» (Archives de Sarrelouis. Sans cote. — Les lettres de ce genre y sont fort
nombreuses).
(5) Gayor et Hercy, p. 85. — Ces faveurs devaient être confirmées beaucoup
plus tard, le 26 thermidor an V, par Bella.