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cisterciens de Villers-Bettnach avaient fait leur entrée
dans l’abbaye de Wôrschweiler. C’est le moine Gobert,
un de ces douze cisterciens, que ses condisciples élurent
abbé. Gobert fut sacré abbé par Roger, l’abbé de Villers-Bettnach,
qui était venu spécialement pour cette cérémonie
à Wôrschweiler; c’est aussi l’abbé Roger qui introduisit
l’abbé Gobert dans ses nouvelles fonctions. Les anciens
bénédictins de Wôrschweiler restèrent volontiers dans leur
abbaye soumise à de nouvelles règles monastiques, sauf
trois qui préférèrent rentrer à Hornbach.
Les moines cisterciens assurèrent à l’abbaye de Wärschweiler
une période de prospérité et de célébrité qu’elle
n’avait jamais connue jusque-là. Les nouveaux moines
ne furent pas seulement des missionnaires zélés, des prédicateurs
célèbres et des savants réputés, mais ils furent aussi
de fervents amateurs de l’art architectural. Ils rénovèrent
et complétèrent les bâtiments de leur abbaye en appliquant
au commencement le style roman, et plus tard le
style ogival. Ils remplacèrent aussi leur église abbatiale
par une superbe basilique à trois nefs en style roman; le
nouvel édifice fut terminé vers l’an 1265. Cette basilique
fut dédiée à la vierge Marie, comme l’avait déjà été la
première église. De là le nom Mons Mariae, montagne de
Marie, donné à la petite montagne sur laquelle s’élevait
l’abbaye, et cette montagne, le Klosterberg, s’appelle
aussi encore aujourd’hui Marienberg. Les moines entourèrent
tout l’ensemble de leurs bâtiments abbatiaux d’un
grand mur d’enceinte, ce qui donna à l’abbaye l’aspect
d’un château-fort.
Les cisterciens de Wôrschweiler entreprirent aussi dans
toute cette région boisée de grands travaux de défrichage,
et ils créèrent maints domaines agricoles (grangia-grange)
dont beaucoup sont devenus des fermes et des villages qui
existent encore aujourd’hui, par exemple la ferme Abtsstëberhos
(la ferme à la crosse de l’abbé) à gauche de la Kaiserstrasse
entre Neuhäusel et Limbach, et le village Münch-