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je crois bien que les lecteurs de ces publications ne se
doutent jamais de l’énergie, de la belle humeur, du travail
qu’il faut dépenser pour arriver à les faire paraître.
Charles Sadoul en dirigeait deux qu’il avait fondées,
deux aimables Revues qui, avant la Grande Guerre, s’efforçaient
de rappeler aux Français oublieux qu’il y avait
une question d’Alsace-Lorraine.
Il a fait partie de cette admirable phalange d’hommes
qui n’avaient qu’une ambition : refaire la France.
Il a été lui-même une de ces « Sonneurs de clairon » qui
périodiquement réveillaient notre Patrie de la léthargie
qui s’emparait d’un peuple trop riche et trop heureux.
La victoire française, sans doute, fut l’œuvre collective
d’un peuple qui se refusait à vivre esclave et qui pacifique
sut, durant cinq longues années, montrer au monde stupéfait
qu’il était capable des lents et rudes efforts.
Mais si le moral français fut si élevé, c’est parce que des
hommes comme Sadoul, Bourson, Hansi, Wetterlé, Reis,
le D' Bucher, l’abbé Collin, l’abbé Delsort, Déroulède, et
combien d’autres encore montrèrent à un peuple naturellement
pacifique, que le droit violé en 1871 exigeait une
réparation.
Charles Sadoul est mort ayant vu la France refaite. Il
est mort trop‘tôt pour tout ce qu’il restait à rétablir. Son
frère demeure. Puisse-t-il reprendre des mains mortes,
hélas! le pur flambeau que son cher disparu avait allumé et
dont, avec une foi ardente, il entretenait la flamme haute
et claire.
La Cclonie française en Sarre a éprouvé aussi cette
année la perte d’un de ses jeunes animateurs en la personne
de M. Henri Bompard, directeur des Forges et Aciéries de
Dilligen, tué dans un brutal accident d’automobile. Le
Journal des Français de la Sarre, dars son numéro 7, a
relaté ce que fut la vie de M. Henri Bompard. Les discours