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I faut connaître l’original allemand; le voici :
« Schmerz, wütender Schmerz erregt mich, sehe ich in
der Stadt meiner Kindhieit, in den Gefilden meiner glücklichsten
Träume, Senegalneger die Zähne fletschen, feindliche
Vôlker in meiner geliebten Heimat hausen !
« Und dort, wo Polens Sage vom schlafenden Heer im
Berg erzählte, da ist es jetzt wirklich erwacht und schlägt
ans Schild. Deutsche Städte werden polnische Städte,
deutsche Kultur wird vernichtet, deutsche Arbeit verjagt.
« Das Land meiner Väter und die Heimat meines Herzens
geschändet! Mir bleibt nur noch die Scholle, auf der
ich wohne ! »
Et dans ce même avant-propos, à deux reprises et avec
une certaine fierté non dissimulée, Clara Viebig qui dans
la « Revue rhénané » a insisté sur son amour pour sa patrie
rhénane, rappelle que son fils unique est un enfant de
la Marche de Brandebourg; elle s’écrie : « Mein märkischer
Junge! »
On doit se demander maintenant si cette femme mérite
encore les égards des lettres françaises! —
Ceux qui connaissent la réalité trouveront sans doute
que la romancière allemande dont je viens rapidement
d’analyser l’œuvre exagère quelque peu dans ses trois
romans historiques rhénans-mosellans, surtout dans les
deux derniers d’après-guerre. Ils se souviendront que, imprégnée
longtemps d’esprit rhénan, elle a ensuite subi l’ambiance
de Berlin. Patriote, son lyrisme s’exaspère aux souvenirs
des malheurs de sa grande patrie, l’Allemagne.
Les Français lui pardonneront volontiers ses invectives
passionnées dans ses romans historiques mosellans-rhénans
pour ne se souvenir que de l’auteur qui a dépeint dans ses
autres œuvres mosellanes-rhénanes d’une manière saisissante
les paysages et les types de l’Eifel, et qui a su prendre
dans la nouvelle allemande la place que chez nous, avec
assurément plus de talent encore, occupe l’immortel