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fils, épouse un brave garçon du village. La paix règne de
nouveau dans toute la vallée de la Moselle rhénane, et
Berlin reste maître de ce beau pays aveé ses coteaux
dorés.
Le cœur de femme de Clara Viebig est ému par les
souffrances morales et la détresse matérielle des vignerons
de son pays natal qu’elle prétend encore toujours aimer.
Mais elle a poussé trop au noir le tableau de leur misère,
et elle semble vouloir insinuer que l’existence des vignerons
du pays de Trèves n’est un calvaire que depuis la
dernière guerre. Ce n’est pourtant pas de l’année 1918 que
datent les déboires des vignerons de la Moselle rhénane,
car de tous temps, depuis que les Romains ont planté leurs
vignes sur les coteaux de la Moselle, il y a eu de très mauvaises
années pour eux.
Ailleurs aussi, voire dans la vallée de la Moselle lorraine,
les vignerons ont beau peiner de l’aube à la nuit pendant
des mois entiers, les raisins ne mûrissent pas toujours et
donnent trop souvent un vin acide que le commerce refuse.
Et même dans le Bordelais, les tribulations du vigneron
vont s’aggravant d’année en année. Du reste, le vigneron,
ce cultivateur de luxe, n’a plus la vie facile n’importe où
en Europe. Et dans une Europe devenue toute petite et
aux parties étroitement dépendantes les unes des autres,
la solidarité des destins est maintenant un fait incontestable,
et s’il y a crise à Bordeaux, à Trèves aussi le vigneron
est peut-être déçu.
Le roman Die goldenen Berge est, comme ses deux prédécesseurs
de 1902 et de 1922, une œuvre de haute valeur.
L'existence des vignerons des bords de la Moselle rhénane
retracée par Clara Viebig est incontestablement d’un tragique
intense. Mais il faut arriver aux toutes dernières
pages du livre pour y rencontrer quelques rayons de soleil
qui succèdent à une série de désastres sans nom. Ce n’est
plus le bel optimisme du premier roman historique rhénan
Die Wacht am Rhein. C’est ce sombre pessimisme qui appa-