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Je dois à mes lecteurs, connaissant l’histoire de France,
une courte mise au point
Lorsque les Français de la Révolution eurent pris possession
des territoires rhénans, la situation dans laquelle
se trouvait ce pays n’était rien moins que favorable !
Auparavant, sous la domination si paisible de la croix
archiépiscopale de l’Électeur de Trèves, ces territoires
étaient, depuis 1792, comme le champ clos où Français,
Autrichiens, Prussiens avaient vidé leurs querelles.
Les routes, presque partout, étaient inexistantes, et les
régions très boisées de ces contrées offraient dans les cavernes
de la montagne et dans les ruines des anciens châteaux
forts des cachettes sûres où les bandits pouvaient
se retirer, leurs mauvais coups faits.
Dans les régions rhénanes de la rive gauche, l'élément
israélite avait pris une importance capitale, non pas qu’il
se soit trop enrichi, mais parce qu’il était l’intermédiaire
obligé de toutes les transactions commerciales. En exerçant
ce métier, il s’était attiré de terribles haines. C’est ce
qui explique pourquoi les brigands, en rançonnant surtout
les juifs, trouvaient chez beaucoup de paysans et de petits
artisans un appui non déguisé.
Enfin, les anciens maîtres n’étaient plus. À qui devait-on
obéissance dans ces temps d’effervescence et de guerres
qui bouleversaient tous les pays du Rhin et une grande
partie de l’Europe? On ne le savait pas trop.
Il semble que Clara Viebig n’ait pas voulu tenir compte
de cette situation. Elle rejette sur les Français les faiblesses
inévitables d’un régime administratif qui, avant de fonctionner
normalement, devait réparer les troubles profonds
causés par plusieurs années d’incertitude politique et de
guerres acharnées. Son livre, d’un bout à l’autre, est plutôt
une satire des méthodes administratives françaises de
la Révolution et de la vie de son armée en pays occupé.
L’armée et l’administration françaises, présentées sous
un jour des plus défavorables, ne font pas honneur à la