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1871, grâce aux efforts de la Prusse dont le roi est proclamé
empereur du nouvel Empire.
La genèse et le but de ce roman méritent d’être connus.
Voici ce que raconte Clara Viebig dans la « Revue rhénane
»
« Nous passions l’été dans les Vosges, dans ce gentil
petit endroit qu’on nomme les Trois-Épis, au-dessus de
Colmar. J'étais assise à notre balcon et mes regards embrassaient
la terrasse de l’hôtel où des centaines de personnes
allaient et venaient. Soudain, parmi elles, je découvris
un vieux soldat qui avait au bras une jeune fille.
C’était:un de ces anciens Feldwebel de l’armée prussienne
qui, après avoir servi pendant vingt ou trente ans, ne
peuvent se séparer de leur compagnie, bien que la discipline
les oblige d’obéir à de tout jeunes sous-lieutenants.
Je me demandais où je pouvais bien avoir déjà vu ce vieux
Feldwebel à la tournure si martiale, à la moustache conquérante
et la jolie fille qu’il menait à son bras, sa fille sans
doute. Alors, avec une soudaineté impressionnante, voilà
qu’un nom jaillit des profondeurs du passé à ma mémoire :
Josefine Rinke! La fille du Feldwebel Rinke, à côté de
qui je me trouvais assise sur les bancs de l’école à Düsseldorf!…
Sa famille habitait dans la vieille caserne du 39e,
cette grande bâtisse sombre qui donne sur le champ de
tir. Quel événement pour nous autres petites filles quand
on nous permettait d’y aller! Nous jubilions rien que d’être
assises dans la chambre aux murs blanchis à la chaux,
autour de la table de bois consciencieusement écurée, en
compagnie des nombreux petits Rinke. De la fenêtre, nous
pouvions embrasser du regard toute la grande place où
les recrues faisaient l’exercice, bien alignées, et où le Feldwebel
s’époumonait à commander d’une voix qui parfois
nous donnait le frisson (1).
(1) Dans le roman, Jos fine Rinke naît pendant l’été 1830, et le Feldwebel,
son père, se suicide en 1849.
On sait que Clara Viebig est née en 1860.