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l’eau fournie par les vieux puits du village est fort insalubre.
L'autorité militaire achète à la commune un vaste
terrain désert pour y établir un champ d’exercice et de
tir, et c’est avec cet argent que le maire fait construire la
nouvelle église dans laquelle on continue à célébrer les offices
d’enterrement des victimes du typhus qui ne cesse de sévir
à Heckenbroich.
Le portrait de la fille Bäreb et du sort qui lui est échu
sont tracés de main de maître.
A noter que le rôle joué par les officiers prussiens figurant
dans ce roman, bien qu’étant très réel, n’est pas très
flatteur pour eux.
L’auteur saisit chaque occasion — messe, enterrement,
procession, distribution des derniers sacrements — pour
peindre les scènes touchantes de la vie religieuse des habitants.
Bäreb prend part à la procession dansante d’Echternach,
dans le Luxembourg voisin. Le tableau de cette
célèbre procession brossé par Clara Viebig est une magnifique
fresque qui, selon l’avis de bien des critiques, est
unique dans son genre dans toute la littérature allemande.
Il faudrait déjà le talent d’un Henri Heine, l’auteur du
poème si grandiose « Die Wallfahrt nach Kevelaar », pour
transposer en vers, avec toute la dignité et tout l’éclat nécessaires,
la prose de l’auteur réaliste Clara Viebig (1*.
Enfin, il y a dans ce roman une troisième figure qui ne
s’oublie pas. C’est Jacobs, dit Rotfuchs, pauvre détenu
de la maison de correction proche de Heckenbroich. Les
scènes auxquelles l’auteur fait participer ce malheureux
criminel sont sombres et d’un tragique navrant. La description
de la mort et de l’enterrement de ce pauvre condamné
forme le tableau final du livre. Il y a des lecteurs avisés qui,
en reprenant la lecture de cette œuvre, commencent par
ces dernières pages. Nul doute : la vision si lugubre de cette
(1) Lire : Echternach und die Springprezession dans Saarbrücker Bergmannskalender,
1927,