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habitants, que le lecteur constate les grandes qualités
indiscutables de l’écrivain Clara Viebig.
[1 y a beaucoup de bon et beaucoup de beau dans ce
roman. Il est indubitablement réel, je dirais presque vécu :
Nelda Dollmer, l’héroïne du roman, est, jusqu’à un certain
point, Clara Viebig elle-même. L’auteur a réussi à
peindre avec beaucoup de talent des scènes qui ne manquent
pas de vie, à décrire avec beaucoup de vigueur et
de bon sens des caractères pris sur le vif. Aujourd’hui
encore, ce livre est lu avec autant de ferveur qu’il y a
trente ans, et il est tout proche de sa quarantième édition !
Il va sans dire que tout ce qui est bien dans cette œuvre
mérite l’approbation illimitée de tous. Mais j'ai déjà fait
mes réserves en disant plus haut ce que je pensais de ce
roman dans son ensemble. Voici maintenant ce qu’en dit
Clara Viebig elle-même ( « Revue rhénane » ) sans aller toutefois,
il me semble, jusqu’au fond de la question, puisqu'elle
ne voit dans son premier roman que des erreurs de
formes :
« Mes premiers romans, comme ceux de tout débutant,
furent naturellement à tendance autobiographique, et ce
n’est pas sans émotion que je relis maintenant celui qui
marqua mon début dans les lettres, Les filles de Rhénanie.
Il est plein de fautes contre les règles les plus élémentaires
de l’art, car j'y avais fourré sans discernement tout ce que
J'avais alors dans le cœur, ce qui lui avait donné une forme
plutôt bizarre. Aussi le sympathique et pour moi inoubliable
Erich Schmidt (1) aimait-il à me dire : « C’est un
«bien mauvais reman, mais si agréablement écrit qu’on
«le relit toujours avec plaisir… » Sans le vouloir, jai réussi
à rendre dans ce livre, dont l’héroïne avait avec moi de
nombreuses affinités, le type de la jeune fille de bonne
famille. »
{1) Professeur d’Université, savant linguiste et littérateur allemand
Erich Selinidt a été un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Goethe