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Viebig appartient à l’école naturaliste allemande
dont les plus grands auteurs sont, pour le drame, Gerhart
Hauptmann, Hermann Sudermann, Max Halbe; pour le
roman, Ludwig Thoma, Wilhelm Bôlsche, Theodor Fontane.
Mais en France, c’est le nom de Clara Viebig qui est,
sans conteste, le grand nom le plus connu dans le roman
du naturalisme allemand. Bien que les premiers livres de
Clara Viebig ne parurent qu’à une époque où se faisait
déjà sentir un certain déclin de l’école naturaliste allemande,
l’auteur qui nous occupe a été, dès le début de sa carrière
d’écrivain, une adepte du naturalisme, et elle l’est, restée.
Cela est d’autant plus étonnant que Clara Viebig, fille
d’un fonctionnaire supérieur prussien, possédait bien,
par l'éducation soignée qu’elle avait reçue, les qualités qui
étaient de tradition et de rigueur chez les jeunes filles allemandes
de son rang : instruction, ponctualité, ordre, sentiment
du devoir et, aussi, discrétion et retenue. Mais elle
ne possédait pas cette étroitesse d’esprit si pédante et si
exclusive qui, dans sa dépendance servile d’anciennes traditions
fortement enracinées, a peur de tout ce qui sort
du cadre des habitudes et qui a une aversion marquée pour
une vraie et joyeuse conception de la vie réelle, surtout
pour celle du peuple dans la grande ville, dans sa banlieue,
dans les campagnes les plus isolées. Inlassablement,
Clara Viebig a peint l’âÂme de la masse du peuple sous ses
aspects les plus divers et dans les milieux les plus différents.
Quelques romancières allemandes des temps présents,
telles que Gabriele Reuter, Maria Janitschek, Helene Bählau,
Hermine Villinger, sont aussi des représentantes du
réalisme intégral. Mais en Allemagne, on se plait à dire que
c’est Clara Viebig qui seule est la vraie et entière élève du
zière allemande Clara Viebig. Elle a signalé, à trois reprises, ses deux romans
historiques mosellans, et encore dernièrement, dans une petite étude sur la
littérature féminine actuelle en Allemagne, elle n’a pas manqué de faire à
Clara Viebig la part qui lui revient.