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rendit. Aujourd’hui, elle vit dans sa petite propriété de
Zehlendorf dans la banlieue de Berlin (1).
Cette femme est un écrivain fécond. Dans le courant
des trente-deux dernières années — ses deux premiers
livres parurent en 1897 — elle a donné au public vingt
et un romans, sept recueils de nouvelles et quatre pièces
de théâtre. La maison d’édition est la Deutsche Verlagsanstalt
Stuttgart, Berlin, Leipzig.
Dans le courant de cet hiver 1929-1930 paraît dans la
«Berliner Illustriérte Zeitung » un nouveau roman de Clara
Viebig, son vingt-deuxième, intitulé Charloite von Weiss.
Comment Clara Viebig devint-elle écrivain? Écoutons
ce qu’elle dit elle-même à ce sujet :
« Ce qui m’a poussée à écrire, c’est l'amour de la nature.
Je ne me rends pas bien compte moi-même comment cela
m’est venu; j'aimais la nature et j'éprouvais le besoin de
Ja décrire. Je la voyais peuplée de personnages qui me parlaient
et dont je lisais l’histoire sur les visages. Quand
j'avais la plume à la main, il me semblait entendre une
voix intérieure qui me soufflait ce que je devais dire (2). »
(1) Une biographie de Clara Viebig, la description de sa vie et de son
œuvre, n’existe pas encore.
En 1920, la maison d’édition Reclam à Leipzig a publié, sous le titre West
und Ost, unrecueil de sept nouvelles choisies dans les œuvres de Clara Viebig.
Ce qui fait la valeur de cette petite brochure, c’est l’avant-propos que Clara
Viebig a écrit elle-même, L'auteur évoque ses souvenirs et montre l'influence
exercée sur elle par chacune des quatre régions de l’Allemagne où elle a
vécu et qu’elle appélle ses quatre petites patries : Trèves, avec la Moselle et
l’Eifel; Düsseldorf et le Rhin inférieur; les plaines de la province de Posen;
Berlin et sa banlieue. I] est intéressant d’entendre l’auteur dire ce qu’elle
pense de son œuvre et indiquer les causes de l’éclosion de quelques-uns de ses
romans. Ces souvenirs, vers leur fin, deviennent une vraie confession de la
plus haute importance; j’y reviendrai.
(2) Voir l’article Clara Viebig se raconte elle-même, dans la « Revue rhénane,
Rheinische Blätter », n° 5, février 1929.
J'aurai l’occasion de citer encore quelques autres passages de cet intéres-Sant
article, dans lequel Clara Viebig fait la genèse, trop souvent très
süccincte, d’une douzaine de ses romans; quant à ses nouvelles. elle n’y fait
qu’une fois une très brève allusion. ;
Cet article rappelle l’avant-propos de 1920; mais celui-ci est écrit sous une
forme plus poétique et moins fournie en précisions de détail.
La « Revue rhénane » fidèle à ses louables principes, n’a pas négligé la roman-