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de langue française par le retour de Briey à la Moselle,
rendre par ce moyen à la ville de Metz son rôle directeur
intérieur et son rayonnement extérieur, rénover en un
mot la doctrine mosellane dans le cadre de notré ancienne
politique de frontière, telle est l’œuvre que j'ai entreprise. »
L’action du général s’exerça tout d’abord sur l’extérieur,
en obtenant l’établissement de la liaison directe Metz—
Paris presque achevée aujourd’hui, puis vint une action
intérieure de restauration que la municipalité ne pouvait
d’ailleurs mener à bien sans l’aide et l’appui de l’autorité
militaire.
L'ancien gouverneur de Metz ‘avait parfaitement compris
qu’en développant sa ville natale, en l’embellissant,
en lui donnant un aspect plus artistique et plus riant, il
faciliterait le développement d’une forte personnalité messine
dont le rayonnement extérieur ne pouvait que servir
la cause française.
En résumé, le général de Lardemelle réclame la reconstitution
de la région mosellane dont Metz serait la capitale,
par modifications et remembrements des trois départements
de la Meuse, Meurthe-et-Moselle et Moselle.
Peut-être l’amour qu’il professe pour sa ville natale
l’amêne-t-il à marquer trop violemment des oppositions
inévitables au lendemain de la cessation d’une séparation
qui avait duré cinquante ans.
Que Nancy ait voulu dominer Metz, qu’elle ait surtout
craint de voir se perdre son influence si cette dernière ville
s’épanouissait trop librement, c’est possible, mais aujourd’'hui
ce n’est plus le cas et je ne crois pas qu’il y ait opposition
entre les projets du général de Lardemelle et la
reconstitution d’une grande Lorraine dont la Fédération
historique lorraine peut et doit devenir la personnification
vivante, sur le terrain où cette reconstitution est le plus
souhaitable : le terrain intellectuel
C. H. LANREZAC.