peuple le sentiment de sa dignité et aussi celui des sacrifices
et des efforts nécessaires pour assurer l’inviolabilité
de son territoire.
Cette inviolabilité, des forteresses peu ent évidemment
aider à l’assurer, mais ce serait une erreur de croire qu’elles
suffisent seules à atteindre ce résultat.
Un peuple qui veut vivre, un peuple qui est maitre d'un
puissant Empire colonial doit avoir une armée forte :
« L'unité de la France peut sombrer dans le grave problème
du désarmement qui engage l’existence même des
populations frontières au bénéfice du reste du pays. Toute
politique idéaliste nouvelle doit se faire dans le cadre de
notre politique traditionnelle réaliste, base de notre sécurité.
Plus la France est idéaliste, plus son gouvernement
doit être réaliste. »
Dans la troisième partie de son ouvrage l’auteur traite
de questions ayant un intérêt moins général. Après avoir
exposé sa doctrine mosellane qui est basée sur la reconstitution
de la Mosellane supérieure (en comprenant ce mot
dans le sens de partie Nord de la Grande Lorraine ou Mosellane),
il montre comment il a pu jeter les bases de la reslauration
matérielle et morale de Metz.
Il est certain qu’au lendemain de la guerre, la cité messine
était dans une situation assez précaire. Tiraillée entre
Nancy et Strasbourg, désireuses l’une et l’autre de conserver
leurs pouvoirs acquis au cours d’une période de près de
cinquante ans, sans liaison ferroviaire directe avec Paris,
Metz pouvait se demander avec quelque angoisse ce que
serait son avenir. Le général de Lardemelle, enfant de cette
ville, eut le rare mérite de comprendre quels efforts seraient
nécessaires pour sauver sa ville natale de la mort lente qui
la menaçait. De bonne heure, il s’était forgé sa doctrine
mosellane et tous ses actes, tous ses discours n’eurent qu’un
but, la mettre en application. Mais à la base de cette doctrine
il y avait la rénovation de Metz :
« Restaurer Metz, reconstituer l’unité du Pays mosellan