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discuter si tel ou tel système était meilleur, mais de se
placer résolument en face des données du problème, il
pose comme principe que ce problème de la sécurité française
ne se pose pas de la même manière qu’avant 1830,
puisque aujourd’hui la'France est plus encore puissance
coloniale que puissance continentale. Résumant l’œuvre de
Choiseul sous sa forme originale, l’auteur montre que la
sécurité à l’Est prend d’autant plus d'importance pour nous
que notre domaine colonial s'étend.
Une partie très intéressante du livre est celle où l’auteur
expose les efforts de la royauté française pour obliger les
Prussiens à évacuer la Rhénanie, appuyés sur l’Empereur
de Russie, et défend Talleyrand contre le reproche d’avoir
favorisé l’établissement de la Prusse dans les Provinces
rhénanes où elle n’avait jamais paru auparavant.
Talleyrand veut sauver la Saxe. Sans doute il n’oublie
pas que le roi de Saxe est resté fidèle à l’Empire dans les
bons comme dans les mauvais jours, la reconnaissance
joue un certain rôle dans ce désir de sauvetage. Mais une
raison politique le guide, dit le général de Lardemelle, celle
de maintenir la division de l’Allemagne afin d’équilibrer
l’influence prussienne. Quand il laisse mettre la Prusse sur
le Rhin, il accepte bien que ce ne sera que pour un temps.
La Révolution de 1830 aura pour inconvénient de réduire
à néant le lent travail qui sur ce point était près d’aboutir.
Avec infiniment de force, le général montre que le fait
de faire reposer la sécurité de la France sur le morcellement
de l’Allemagne et sur la neutralité belge était une lourde
faute.
« On ne fait pas reposer la sécurité d’un pays comme la
France et sa liberté d’action au delà des mers sur de simples
constructions diplomatiques » dit-il et combien ces
paroles se révèlent prophétiques aujourd’hui. C’est de lui
qu’un peuple qui veut vivre doit tenir sa sécurité : des
pactes si solennels qu’ils soient n’ont jamais qu’une valeur
très limitée. Ils ont le grave danger de faire perdre à un