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nombreux dans ses rues lui donnaient un aspect militaire
allemand, le cœur de Metz restait aussi français, plus français
peut-être qu’auparavant, car la douleur est un stimulant
pour les âmes fières.
Metz comprit son rôle et elle n’y faillit pas. Il se produisit
alors ce fait, c’est que son rayonnement s’étendit
justement jusque dans cette Lorraine allemande où son
effet avant 1789 n’était guère très important. Elle fut le
centre, le point d’appui d’une résistance digne, légale et
qui par cela même n’en avait que plus de force. Se tournant
vers ses tombeaux français, la Lorraine devenue allemande
y puisa le courage et l’espérance : le culte des
morts s’identifia avec le culte de la Patrie perdue et qu’ôn
désirait passionnément retrouver.
Si, comme le dit le général de Lardemelle, le lit était
constitué, ce fut un lit fort peu confortable.
Je crois que dans son désir légitime de vouloir rétablir
l’état de chose existant avant 1870, pour de justes raie
sons, l’auteur a quelque peu exagéré l'inconvénient du
système actuel. Cet inconvénient, il est vrai, le général ne
pouvait l’éviter à partir du moment où il se contentait de
reproduire le discours qu’il osait prononcer à Verdun. Dans
un tel discours, l’art est detrouver des images qui frappent
l’auditeur et restent gravées dans sa mémoire, mais si on
peut continuer dans une œuvre qui doit être imprimée à
employer ces images, il faut alors les expliquer avec plus
de détails et montrer quel sens il convient de leur donner.
Il est certain que la nécessité de rompre l’œuvre bismarkienne
est fort bien exposée par l’auteur.
Depuis l’annexion de 1870, le Pays messin, la région de
la Lorraine allemande ont vu se fixer sur leur sol des éléments
faisant ouvertement aujourd’hui profession de communisme,
dont les convictions sociales peuvent être très
suspectées et ne sont qu’un paravent commode qui leur
sert à dissimuler les sentiments antifrançais « qu’ils pro
fessent certainement ».