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Il est cependant exact de dire que cette division équilibrée
a produit tous ses fruits ou plutôt va les produire
quand éclate la guerre malheureuse de 1870. Il y avait à
ce moment-là sè peu de différence nationale entre la Lorraine
allemande et le Pays messin que la Prusse maîtresse
des destinées de l’Allemagne ne songera pas un instant à
rectifier la frontière des provinces rhénanes en englobant
dans la province dont Trèves est le chef-lieu toute la Lorraine
allemande. Elle maintient au contraire l’unité formée
par le Pays messin et la Lorraine allemande. Il y avait
aussi peut-être à cela deux autres raisons : la première c’est
qu’elle espérait prendre point d’appui sur la Lorraine allemande
pour conquérir moralement le Pays messin, la
deuxième c’est qu’ayant fait de Sarrebrück une marche
du germanisme à la prussienne, elle ne voulait pas réunir
en un tout homogène Sarre et Lorraine, ce qui pourtant
eût été logique. Ce fait, le général de Lardemelle ne l’expose
pas d’une manière aussi détaillée, maisil montre comment
le chancelier qui n’ignore pas l’histoire essaie, en
détruisant l’œuvre de la Constituante, de reformer l’ancien
bailliage allemand lorrain dans son intégralité «en prélevant
sur la Meurthe les deux arrondissements de langue
allemande ». Il espérait de cette façon former un bloc qui
dominerait de sa masse, dans la Lorraine allemande, Metz
et le Pays messin que la nouvelle frontière séparait de
Longwy et du Pays Haut.
Metz, dit le général, devient la capitale de la Lorraine
allemande, et il qualifie cette décision de mystification.
Le général ajoute qu’un phare français s’éteignait brusquement,
le lit allemand était constitué.
Incontestablement c’était là le but de Bismarck, mais
a-t-il réussi? c’est une autre affaire.
En imposant à Metz cette qualification inattendue de
capitale de la Lorraine allemande, l’homme d’État a commis
une erreur. Si Metz a semblé perdre le caractère si
vivant de ville française, si les officiers allemands fort